M. Benflis, qui a été officiellement désigné candidat à cette élection aujourd’hui par un congrès extraordinaire de son parti à Alger, « est passé à l’offensive après des mois de tergiversations en coupant les ponts », notait hier un diplomate occidental.
Il a montré que sa « détermination est sans faille face au président (Abdelaziz) Bouteflika », qui n’a pas encore indiqué s’il briguait ou non un second mandat, ajoutait ce diplomate.
Jusqu’à présent, M. Benflis, qui fut un de ses proches collaborateurs puis le chef de gouvernement de M. Bouteflika avant d’être limogé brutalement de ce poste en mai dernier, affichait ses prétentions sans « véritablement porter de coup », souligne un observateur de la vie politique algérienne.
Le Bureau politique (BP) du FLN, justifiant le retrait de ces cinq ministres, a affirmé jeudi qu’il avait été décidé en raison des « comportements irresponsables et hérétiques du candidat-président ». Le BP a dénoncé le comportement de M. Bouteflika et de « ses courtisans ». « On a atteint un seuil de gravité qui constitue une menace sur le bon fonctionnement de l’État algérien », ajoutait le FLN.
La semaine dernière, M. Benflis avait, lors d’une conférence de presse, déjà laissé entrevoir qu’il allait passer à la « vitesse supérieure », en employant un vocabulaire très percutant contre son ex-patron.
Hier, on affichait une « forte détermination » au siège du FLN pour le maintien du congrès extraordinaire, malgré la demande d’interdiction du tribunal d’Alger de ce congrès à la suite d’une requête du « mouvement de redressement du FLN », regroupant des militants favorables à la ligne du président Bouteflika.
« Ces gens ne font plus partie du FLN. Ils veulent faire pression sur le parti, mais ils ne peuvent plus s’en prévaloir. Ils constituent un clan connu, une véritable dérive. La seule véritable légitimité du FLN est celle issue du 8e congrès » de mars dernier qui a entériné la ligne Benflis face à celle de M. Bouteflika, a indiqué le porte-parole du FLN Abdesslem Medjahed.
« L’armée, qui joue toujours un rôle important mais discret en Algérie dans la vie politique algérienne, semble en retrait pour le moment dans cette crise », notait récemment un diplomate.
« Elle a apparemment choisi une certaine neutralité qui pourrait être reconsidérée si les antagonismes venaient à être trop forts », ajoutait-il, alors que des observateurs redoutaient une épreuve de force autour de la tenue ou non du congrès aujourd’hui.

