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Pour les Arabes, la guerre d’octobre est la dernière avec Israël

Trente ans après la guerre d’octobre, qui avait paradoxalement lancé le processus de paix, des experts arabes estiment que ce conflit a vraisemblablement été le dernier entre Arabes et Israéliens.
« La guerre a abouti, six ans après, à un traité de paix, mais 24 ans après nous constatons que la paix est toujours incomplète », estime Emad Gad, chercheur au centre al-Ahram des études stratégiques du Caire.
Il souligne que les relations se détériorent entre Israël et l’Égypte qui pourraient « rompre leurs liens », mais assure qu’une nouvelle « guerre n’éclatera pas car personne ne le veut ».
« Notre position est qu’il n’y aura plus de guerre, mais tel n’est pas l’avis d’Israël », dit-il.
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon n’a pas exclu lundi que l’armée israélienne puisse être surprise par une offensive égyptienne et syrienne comme elle l’a été durant la guerre d’Octobre 1973.
Le 6 octobre 1973, les armées égyptienne et syrienne déclenchaient une offensive-surprise contre les forces israéliennes pour reconquérir le Sinaï et le Golan occupés en 1967, bousculant pour la première fois une armée habituée aux succès faciles. Trois semaines plus tard, Américains et Soviétiques parviennent à imposer un cessez-le-feu. La guerre israélo-arabe de 1973, qui a coûté la vie à 2 700 soldats israéliens et plus du triple du côté arabe, et que l’État hébreu a gagnée après 19 jours de combats, est restée dans les mémoires des Israéliens comme un échec cuisant des services de renseignements militaires, qui n’avaient pas prévu l’attaque imminente des armées égyptienne et syrienne. Les Arabes la célèbrent pour leur part comme un succès politique.
Le général Hussein Zakaria, directeur de l’académie militaire Nasser, estime que « les circonstances qui ont aidé à lancer la guerre de 1973 et ont permis le succès des forces égyptiennes et syriennes, ainsi que l’appui arabe efficace qui s’est traduit par le recours à l’arme du pétrole, ne sont plus de mise aujourd’hui ». « Il est difficile aujourd’hui de penser à lancer une guerre similaire », ajoute le professeur en stratégie militaire, soulignant que « le développement technologique ne permet plus de surprises comme lors de la guerre de 1973 ».
Il souligne qu’il n’y a plus aujourd’hui « d’entente entre les pays arabes » et que « l’Égypte est sortie du conflit israélo-arabe et ne peut plus violer le traité de paix » conclu avec Israël en 1979.
« En outre, la nation arabe avait alors contribué à la guerre en apportant des armes ou en interrompant les livraisons de pétrole, et c’est une chose impossible aujourd’hui en raison de la désunion arabe et de la présence américaine massive dans la région », alors que l’Union soviétique appuyait lors de la guerre de 1973 les Arabes, souligne-t-il.
De plus, fait-il valoir, « les pays arabes ont adopté lors du sommet de Beyrouth en mars 2002 la paix comme option définitive ».
Trente ans après la guerre d’octobre, qui avait paradoxalement lancé le processus de paix, des experts arabes estiment que ce conflit a vraisemblablement été le dernier entre Arabes et Israéliens.« La guerre a abouti, six ans après, à un traité de paix, mais 24 ans après nous constatons que la paix est toujours incomplète », estime Emad Gad, chercheur au centre al-Ahram des études stratégiques du Caire.Il souligne que les relations se détériorent entre Israël et l’Égypte qui pourraient « rompre leurs liens », mais assure qu’une nouvelle « guerre n’éclatera pas car personne ne le veut ».« Notre position est qu’il n’y aura plus de guerre, mais tel n’est pas l’avis d’Israël », dit-il.Le Premier ministre israélien Ariel Sharon n’a pas exclu lundi que l’armée israélienne puisse être surprise...