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La vision de deux États sérieusement compromise

Des responsables palestiniens et des « colombes » en Israël ont averti hier que la poursuite de l’élargissement dans les colonies juives et la construction d’une ligne de sécurité au cœur de la Cisjordanie compromettent le règlement prévoyant l’existence de deux États, coexistant pacifiquement.
Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a averti que ces deux initiatives allaient « tuer » les tentatives de règlement du conflit, prévoyant la création d’un État palestinien coexistant aux côtés d’Israël. Les Palestiniens craignent depuis longtemps que la croissance des colonies juives compromette la viabilité de l’État indépendant qu’ils aspirent à créer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
La « feuille de route », un plan international de paix approuvé par Israël et les Palestiniens qui, doit aboutir à la création d’un État palestinien d’ici à 2005, prévoit notamment l’arrêt de la colonisation.
« La poursuite de la colonisation est motivée idéologiquement par la volonté d’empêcher la future coexistence de deux États », a expliqué Yossi Beilin, ex-ministre travailliste et principal architecte des accords d’Oslo (1993) sur l’autonomie palestinienne. Shimon Peres, ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix en 1994 pour sa contribution aux accords d’Oslo, a récemment averti que Palestiniens et Arabes israéliens étaient en passe de l’emporter dans la course démographique. « S’il n’y a pas de partage territorial dans les dix prochaines années, la minorité arabe deviendra majoritaire en Israël et cela remettra en question le caractère juif et démocratique de l’État », a-t-il assuré dans le quotidien International Herald Tribune.
« Plus les colonies s’étendent et leur population augmente et plus il devient difficile de voir comment on pourra séparer ces deux peuples en deux États », a de son côté estimé l’émissaire américain pour le Proche-Orient William Burns, dans un récent discours. Il a lui aussi estimé que les réalités démographiques risquaient à terme de menacer le caractère juif et démocratique d’Israël.
Zalman Shoval, conseiller de M. Sharon, estime en revanche que les Palestiniens ont manqué à leur engagement de lutter contre les radicaux du Hamas et du Jihad islamique, et qu’Israël n’est donc pas tenu de geler la colonisation. Selon lui, « qu’on le veuille ou non, le gouvernement (israélien) a accepté la création d’un État palestinien (...). Il n’a pas dit sur combien de km2 cet État s’étendrait, car le principe même des négociations – d’Oslo jusqu’à la “feuille de route” – est que rien n’est prédéterminé ».
M. Erakat a cependant accusé Israël de vouloir « voler » des territoires. « Il ne s’agit pas d’un mur de sécurité. La construction de ces maisons ne vise pas à renforcer la sécurité », a affirmé M. Erakat. « Ils (les Israéliens) ont opté pour les colonies et le diktat plutôt que pour la paix et la négociation. Cela tue l’idée d’un règlement par la voie de deux États », ajoute-t-il.
Israël veut laisser des brèches dans le tracé le plus contesté des segments de sa ligne de sécurité, quitte à construire un dispositif spécifique pour les colonies les plus excentrées, dans l’espoir de les relier ultérieurement à son système défensif destiné à empêcher des infiltrations de kamikazes. Selon M. Beilin, « l’idée de la clôture est puérile » et le projet est « un gaspillage d’argent ». Il engage les Palestiniens à se rassurer sur le tracé des frontières de leur futur État « car les murs peuvent être démolis ».
Des responsables palestiniens et des « colombes » en Israël ont averti hier que la poursuite de l’élargissement dans les colonies juives et la construction d’une ligne de sécurité au cœur de la Cisjordanie compromettent le règlement prévoyant l’existence de deux États, coexistant pacifiquement.Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a averti que ces deux initiatives allaient « tuer » les tentatives de règlement du conflit, prévoyant la création d’un État palestinien coexistant aux côtés d’Israël. Les Palestiniens craignent depuis longtemps que la croissance des colonies juives compromette la viabilité de l’État indépendant qu’ils aspirent à créer en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.La « feuille de route », un plan international de paix approuvé par Israël et les Palestiniens qui,...