Les sirènes d’alerte ont retenti hier à 05h30 du matin du côté sud de l’île, à l’heure même où les troupes turques avaient débarqué le 20 juillet 1974 sur la côte de Kyrénia (Nord), en réponse à un coup d’État de nationalistes chypriotes grecs qui voulaient rattacher l’île à la Grèce.
« Nous sommes prêts à œuvrer jusqu’au dernier moment à une solution pacifique et (à poursuivre) les pourparlers (parrainés par l’Onu) pour mettre un terme à l’invasion et l’occupation », a déclaré hier le président de la République de Chypre, reconnue internationalement, Tassos Papadopoulos.
M. Papadopoulos a répété à de nombreuses reprises que la Turquie avait la clé d’une solution politique sur l’île.
Dans le Nord, « l’opération de paix » a été commémorée par un défilé militaire, alors que deux bâtiments de guerre turcs et un sous-marin étaient amarrés au port de Kyrenia.
En dépit de l’ambiance festive, l’exaspération due à des décennies d’isolement international et à un désir de règlement étaient perceptibles chez les Chypriotes turcs.
Le dirigeant chypriote turc Rauf Denktash, « président » de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), reconnue par la seule Turquie, a de nouveau vivement critiqué le plan proposé par l’Onu pour la réunification de l’île.
Il a ainsi réaffirmé qu’en vertu du plan de l’Onu, la communauté chypriote turque aurait un statut de minorité dans un État dominé par les Chypriotes grecs.
Le vice-Premier ministre turc, Abdullatif Sener, a affirmé dans un discours au cours de la cérémonie que « les Chypriotes turcs veulent la paix sur l’île. Mais cela ne veut pas dire que les Chypriotes turcs sacrifieront leurs droits indispensables ».

