Qoussaï, qui dirigeait déjà la garde républicaine, corps d’élite du régime, s’était vu confier en mai 2001 l’un des deux postes d’adjoint au chef du bureau militaire du parti Baas au pouvoir. Cette entrée dans la direction du parti lui conférait des responsabilités plus larges et lui donnait l’occasion de participer à la prise de décisions politiques et de conforter son influence sur les forces armées.
« Il aura l’occasion de participer à la prise des décisions politiques (...) après s’être occupé uniquement de questions militaires », affirmait un diplomate qui était en poste à Bagdad au moment de cette nomination.
Qoussaï avait une réputation d’homme discret et efficace, bénéficiant de la confiance de son père qui le charge des dossiers de sécurité sensibles. Son irruption sur le devant de la scène laissait à penser que Saddam Hussein avait choisi son fils cadet, 37 ans, pour une éventuelle succession.
Préservant jalousement sa vie privée, il apparaissait rarement à la télévision et présidait plus rarement encore des réunions publiques.
Diplômé en droit de l’Université de Bagdad, marié et père de trois enfants, Qoussaï veillait personnellement à l’attribution des postes de responsabilité et à la répartition des bénéfices de la contrebande entre les membres du clan des Takriti. Lui-même tirait de substantiels profits de la filière d’exportation du pétrole irakien. Qoussaï n’était pas un grand voyageur, mais connaissait bien trois pays de la région : la Turquie, l’Iran et la Syrie.
Il aurait échappé en 2001 à une tentative d’assassinat perpétrée par deux hauts responsables des services irakiens de sécurité, dont l’un a réussi à prendre la fuite. Qoussaï s’était fait remettre sur ordre de son père environ un milliard de dollars par la Banque centrale irakienne quelques heures avant le déclenchement de l’offensive militaire américano-britannique, selon une information diffusée par le New York Times début mai.

