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Actualités

La matière ne manque pas cette semaine – d’où l’absence (momentanée) de notre «Rubrique pour l’été». À commencer par l’événement incontournable: bien sûr la sortie du troisième «Terminator», réalisé par Jonathan Mostow. À l’ombre de «T-3: Rise of the Machines», on note un remake qui ne s’imposait vraiment pas, «The Truth About Charlie», de Jonathan Demme, dont vous parle Dyma Demirdjian – d’un modeste film de série, «Equilibrium», de Kurt Wimmer.

Sorties prévues pour le jeudi 31/7 (sous réserve)
– Pirates of the Caribbean, de Gore Verbinski, avec Johnny Depp et Geoffrey Rush.
– Dumb and Dumberer, de Troy Miller, avec Eric Christian Olsen et Derek Richardson.
– Le raid, de Djamel Bensalah, avec Josiane Balasko, Lorant Deutsh et Gerard Jugnot.

«T-1000» contre
les machines

Terminator 3: Rise of the Machines,
de Jonathan Mostow

Comme dans tous ses films depuis les premiers Terminator, Schwarzenegger l’avait proclamé avec force: «I’ll Be Back» («Je reviendrai»). Le voici de retour. Il n’empêche que T-1000 (nom de code du Terminator) prend son temps: Épisode 1, en 84 – Épisode 2 (Judgment Day), en 91 et, enfin, aujourd’hui, le troisième (et dernier?) volet. Il est vrai qu’avec le passage du temps – notion toutefois relative avec un messager venu du futur – le personnage a évolué, en même temps que sa mission. Il est cependant difficile d’apprécier – et de suivre – T-3 si l’on n’a pas vu les deux premiers opus de la saga (réalisés par James Cameron). D’où la nécessité d’un résumé-express.
En 2029, le réseau robotique «Skynet», qui contrôle le monde (annonce – préface à Matrix, qui est de 99?!), envoie deux Terminator, l’un en 84 pour tuer Sarah Connor, future mère de John, qui sera le chef de la résistance aux robots-dictateurs, l’autre dix ans plus tard pour éliminer le jeune John au cas où la première mission aurait échoué. Sarah et John échapperont au cyborg-tueur (un cyborg est une créature artificielle, mi-humaine mi-machine) [1]. Dans l’intervalle, le Terminator, au contact de l’humanité ou de ce qu’il en reste, envisage de plus en plus de jouer un rôle salvateur.
Il est intéressant de consulter un dossier, établi en 91, au moment de la sortie de Terminator 2 [2]. Extraits: «Après la période – en gros jusqu’aux années 70 – de l’invasion du cinéma par les extraterrestres, survint la révolution technologique qui vit l’emprise de l’ordinateur-roi, des jeux-vidéo et autres gadgets multifonctionnels. On comprit alors que notre futur sera géré par des machines à penser, à imaginer [3], capables de créer des images de synthèse, d’une virtualité remettant en question une réalité problématique. L’homme apprenti-sorcier! Nous rejoignons à nouveau le thème des Matrix des frères Wachowski: un parallèle qui justifierait une soutenance de thèse!»
En dépit d’une brève notice précédant le générique d’ouverture de T-3 (bravo!), une certaine confusion brouille les références temporelles de la saga du Terminator. Quoi qu’il en soit, le redoutable réseau Skynet dépêche sur terre un nouveau cyborg ultrasophistiqué, T-X, qui va s’acharner sur John Connor – sans parvenir à le tuer. Le choix de la Suédoise Kristanna Loken est en vérité extraordinaire: une tueuse d’une beauté terrifiante, à la cruauté implacable, puisque «machinale». Pour défendre le jeune futur sauveur de l’humanité, Arnold le-Terminator (dont on sent bien qu’il a un cœur, trouvaille géniale) intervient sans répit, mais la partie est dure. La conclusion, d’une ambiguïté qui peut laisser insatisfait, permet d’entrevoir la possibilité d’un Terminator 4, puisque nous savons que John réussira dans sa mission «humaine». Avec ou sans Arnold? Soyons sérieux: Schwarzie est indestructible!
Nous reviendrons sur le film la semaine prochaine.
[1] et [2]: Source: le n° d’octobre 91 de La revue du cinéma, publication aujourd’hui disparue.
[3]: et même à ressentir des émotions! Dès 1968, Stanley Kubrick avait osé filmé ce délire dans son 2001: C’est cela, le génie!

Circuit EMPIRE-ESPACE,
FREEWAY

Pas vu

Equilibrium,
de Kurt Wimmer

Idée plus que discutable, dans le sillage de Matrix et en même temps que T-3, de sortir cette fiction furturiste, même si la réalisation en est (paraît-il) relativement soignée. Au générique: Christian Bale et Emily Watson.

CONCORDE, ABRAJ, ZOUK

Ambiance «Nouvelle Vague»

The Truth About Charlie,
de Jonathan Demme

Jonathan Demme (à qui l’on doit notamment Silence of the Lambs et Philadelphia) s’attaque à un classique des années 60: Charade (de Stanley Donen). Les deux figures emblématiques, Gary Grant et Audrey Hepburn, sont remplacées par le tandem Mark Wahlberg – Thandie Newton. Le choix du réalisateur, plus que discutable, laissait prévoir le plus grand scepticisme. Sentiment confirmé lors de la projection du film. Le sujet est plutôt simple de prime abord: Regina Lambert, revenue de vacances, retrouve son appartement parisien vide et son époux Charlie assassiné. Aidée par un inconnu, elle tente d’élucider le mystère qui rôde autour de ce décès.
Jusque-là tout va bien, pour nous spectateurs. Mais les choses se corsent lorsque le mystère touche plusieurs des autres personnages du film. Ces derniers changent constamment d’identité, passant sans transition de Pierre, Paul à Jacques, plongeant le film dans un fatras inutile. Prisonniers dans des rôles sans substance et sans relief, ils faillissent à la lourde tâche de donner un sens à l’intrigue.
S’inspirant des réalisateurs de la «Nouvelle Vague», Demme utilise le décor naturel de Paris à travers une caméra extrêmement vivante, et fait de nombreux clins d’œil à ce style cinématographique: il cite Tirez sur le pianiste (de François Truffaut), il inclut Anna Karina et Agnès Varda (symboles de la «Nouvelle Vague»), il loge ses héros à l’hôtel Langlois (en hommage au fondateur de la Cinémathèque française). Mais le point culminant reste le dernier plan de la caméra qui s’arrête sur la tombe de François Truffaut.
Ces références cinéphiles sont cependant trop appuyées, enfermant le film dans un emballage surfait, dénué de charme, de consistance et de suspense. Et aussi de nécessité.

CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, ZOUK

l’actualité

• Pour une fois – le temps d’un week-end – les jeunes Américains ont donné l’avantage à la lecture par rapport à l’image. En effet, le film The Hulk (voir ci-dessus, En gros plan) sortait sur les écrans US, alors que débutaient les ventes en librairie du nouveau Harry Potter (H.P. et l’Ordre du Phoenix), de J. K. Rowling. Les chiffres: 100 millions de dollars encaissés par l’éditeur du livre, contre 62 millions de recettes pour le film! Un événement...
• Un autre festival notable, c’est celui de Toronto (Canada), qui présentera, à partir du 4 septembre prochain, la plupart des longs métrages projetés dans les grands festivals internationaux de l’année. Au programme, on note Les invasions barbares, de Denys Arcand, avec Marie-José Crozes (prix d’interprétation à Cannes) – Dogville, de Lars von Trier et, en première mondiale, The Company, le nouveau film de Robert Altman.
• Winona Ryder, qu’on voyait un peu moins ces derniers temps (suite à ses histoires de vol à l’étalage?), reprend du service. Elle sera la partenaire de Sean Connery dans le nouveau film de Milos Forman, intitulé Embers, adaptation d’un roman de l’écrivain hongrois Sandor Marai.
• À propos de Sean Connery, on attend avec curiosité le film dont il est la vedette (avec Shane West, Peta Wilson, Jason Flemyng et David Hemings), film au titre (déjà) intrigant: «The League of Extraordinairy Gentlemen». Une histoire très étrange, où se rencontrent d’illustres personnages de la littérature et du cinéma fantastiques, tels que l’Homme Invisible, Dr Jekyll/Mr. Hyde et une femme-vampire «à la Dracula» – entre autres délectables individus. La réalisation étant assurée par Stephen Norrington. Les amateurs du genre en frémissent d’avance.
• Une nouvelle importante. À 85 ans, Ingmar Bergman annonce l’arrêt (définitif) de toutes ses activités – cinéma, théâtre et télévision. Il ne lui reste qu’un seul documentaire à terminer cet été. Après quoi, il vivra en solitaire sur sa chère île de Farraoe (en Mer baltique), été comme hiver. Ce qui ne prouve pas pour autant qu’on a fini de parler de l’illustre auteur du Septième sceau, Le silence, Les fraises sauvages, La source et autres chefs-d’œuvre!
• Des nouvelles d’un autre grand cinéaste (indestructible!), Youssef Chahine tourne La rage au cœur, un film autobiographique qui se veut «une déclaration de rupture avec l’Amérique qu’il avait tant aimée». Étalé sur un demi-siècle «tumultueux», il s’achève sur les attentats du 11 septembre 2001. En vedette, le jeune couple Ahmed Yehia et Youssra el-Lozy. Il paraît que le tournage se déroule sous la «supervision» d’un agent de la censure (une femme voilée!). Conclusion dépitée de Chahine: «Je ne supporte aucun fanatisme... Quand on remplace Fred Astaire par Stallone, il y a de quoi désespérer.»

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
La matière ne manque pas cette semaine – d’où l’absence (momentanée) de notre «Rubrique pour l’été». À commencer par l’événement incontournable: bien sûr la sortie du troisième «Terminator», réalisé par Jonathan Mostow. À l’ombre de «T-3: Rise of the Machines», on note un remake qui ne s’imposait vraiment pas, «The Truth About Charlie», de Jonathan Demme, dont vous parle Dyma Demirdjian – d’un modeste film de série, «Equilibrium», de Kurt Wimmer.Sorties prévues pour le jeudi 31/7 (sous réserve)– Pirates of the Caribbean, de Gore Verbinski, avec Johnny Depp et Geoffrey Rush.– Dumb and Dumberer, de Troy Miller, avec Eric Christian Olsen et Derek Richardson.– Le raid, de Djamel Bensalah, avec Josiane Balasko, Lorant Deutsh et Gerard Jugnot.«T-1000» contreles machinesTerminator 3: Rise of...