Le ras-le-bol de certaines est perceptible, même si parfois la mauvaise foi est évidente dans les propos de quelques stars de la petite balle jaune devenues les égéries de grandes marques de cosmétiques ou de vêtements.
D’autres préfèrent ne pas se soucier de ces questions de « look », qui, selon l’ancienne championne américaine, Billie Jean King, « font partie d’un monde contrôlé par les hommes ».
Les premières à s’énerver cette semaine ont été les jolies Jelena Dokic (SEM) et Maria Sharapova.
« Intéressez-vous à notre jeu, pas à nos jambes ou à nos tenues. Le tennis féminin, c’est bien plus que deux jolies filles frappant la balle », avait insisté mardi la joueuse de Serbie-Monténégro.
Et tandis que la Russe Sharapova, comparée à sa compatriote Anna Kournikova, véritable bimbo des courts, pose régulièrement et avec grâce dans les journaux et magazines américains, son paternel intervient.
« Maria n’est pas un clone de Kournikova. Elles sont toutes les deux russes et blondes mais la comparaison s’arrête là », tonne régulièrement M. Sharapova père.
Squelette slovaque
L’Américaine Lindsay Davenport regrette également le regard que certains portent sur les joueuses.
« Les filles sont passées au microscope par les médias et une partie du public. Les hommes ont cette chance que personne ne songe à les dévisager », regrette-t-elle.
Sa compatriote Jennifer Capriati, qui portait au début du tournoi une tenue rappelant la bannière étoilée, prend les remarques la concernant avec philosophie.
« Bien sûr, j’aime me faire belle. Bien sûr j’aime porter des vêtements qui attirent l’attention. Mais le principal doit rester le tennis. Je suis joueuse de tennis avant tout. »
D’autres filles n’attachent aucune importance aux commentaires qui concernent leur apparence.
« C’est dans l’air du temps. Cela ne me fait ni chaud ni froid. Cela fait partie du système même si ça va parfois un peu loin », note la Belge Justine Henin-Hardenne.
La numéro trois au classement WTA fait peut-être référence à certains qualificatifs employés par les médias. Daniela Hantuchova, par exemple, n’apprécie guère son surnom de « squelette slovaque ».
« Cela a été très dur pour moi d’entendre ce genre de choses durant Wimbledon », se souvient-elle.
« Je comprends que les gens qui viennent nous voir soient intéressés par notre jeu mais aussi par notre apparence. Mais c’est parfois exagéré », conclut Hantuchova.

