Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait tenu à marquer par sa présence ce vote, soulignant dans une brève allocution qu’il souhaitait qu’il soit décidé à l’unanimité.
Objet d’âpres marchandages diplomatiques, cette résolution ne comporte pas de référence à la Cour pénale internationale (CPI), catégoriquement refusée par les États-Unis, qui figurait dans le projet initial déposé en mai dernier par le Mexique.
Cette résolution stipule que les attaques « volontaires et intentionnelles » contre les personnels en mission humanitaire ou appartenant à des missions de maintien de la paix constituent des « crimes de guerre ».
Les États-Unis s’inquiétaient d’une première formulation qui aurait pu permettre, selon eux, de qualifier de « crime de guerre » toute forme d’attaque contre des personnels humanitaires.
Washington avait d’abord bloqué le projet de résolution en raison d’une référence à la CPI, avant de soulever lors des tractations diplomatiques à huis clos la question de la qualification en crimes de guerre des attaques contre les humanitaires.
Les États-Unis, selon les responsables US, redoutent que cette catégorisation puisse être étendue à des victimes de tirs déclenchés dans le feu de l’action contre des personnes qui se révèlent ensuite être des personnels humanitaires.
« Nous voulons exclure les morts accidentelles et les incidents qui ne sont pas directement dirigés contre des travailleurs humanitaires non combattants », ont indiqué ces responsables américains sous le couvert de l’anonymat.
La formulation du projet de résolution, tel qu’il a été officiellement déposé, qui précise que pour être qualifiées de crimes de guerre les « attaques doivent être intentionnellement dirigées » contre le personnel humanitaire, « n’est pas suffisante », ont ajouté ces sources.
« Les États-Unis visent sans doute avec cette nouvelle objection surtout à couvrir Israël », a noté un diplomate du Conseil, en rappelant que plusieurs travailleurs humanitaires avaient été tués par l’armée israélienne dans les territoires occupés.
Isolés au Conseil de sécurité, les États-Unis avait voulu éviter d’avoir à mettre leur veto à un projet de résolution visant à protéger les travailleurs humanitaires alors que les Nations unies ont été le 19 août à Bagdad la cible d’un attentat au camion piégé qui a coûté la vie à 23 personnes, dont Sergio Vieira de Mello, le plus haut fonctionnaire onusien en Irak.


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