Cette crise de confiance au sein d’une délégation forte de 34 titres du grand chelem au cours des dix dernières années – dont 11 sur le ciment de Flushing Meadows – sans doute faut-il en chercher l’explication dans le départ de Pete Sampras, et le forfait de Serena Williams, blessée.
Ces deux « légendes » hors jeu, peu d’épaules semblent assez larges pour porter un héritage aussi lourd. Côté masculin, celles d’Andre Agassi, plus fort que jamais à 33 ans, s’imposent pourtant comme les plus solides.
L’an dernier, Sampras avait d’ailleurs été contraint de puiser dans l’immensité de son talent pour s’imposer en finale de l’US Open face à un dauphin revenu au meilleur de sa forme.
En l’absence du tenant du titre, Agassi prétendra donc légitimement à sa succession et à un neuvième titre en grand chelem. Papa depuis juin, l’Espagnol Alex Corretja, premier obstacle sur son trajet vers le titre, ne semble pas en mesure de contester ses ambitions.
Outre Agassi, les espoirs américains reposeront sur Andy Roddick, tête de série numéro 4, qui a enchaîné les bons résultats en début de saison. Reste que son adversaire du premier tour, le Britannique Tim Henman, spécialiste des surfaces rapides qu’une série de blessures a fait glisser au classement, lui réserve vraisemblablement quelques sueurs froides et un match des plus accrochés.
Federer veut confirmer
Côté européen, c’est en Roger Federer, vainqueur à Wimbledon, que beaucoup ont vu le futur successeur de Sampras. Soucieux de confirmer après ce premier titre majeur, le Suisse aura à cœur de faire briller un style proche de l’ancien numéro un mondial.
Au premier tour, il affrontera l’Argentin José Acasuso, spécialiste de la terre battue. Dans le tableau féminin, c’est la Belgique qui, avec Kim Clijsters et Justine Henin-Ardenne, semble la mieux placée pour contester la supériorité américaine en l’absence de la cadette des sœurs Williams.
Le palmarès de Clijsters, qui s’est d’ailleurs vu attribuer la tête de série numéro un, est toujours vierge de toute victoire en grand chelem et la petite amie de Leyton Hewitt entend bien y remédier.
Henin-Ardenne, elle, compte bien renouveler le parcours sans faute qui l’a menée à la victoire sur la terre battue de Roland-Garros. Reste qu’à domicile, Venus Williams, sacrée en 2000 et 2001, et Lindsay Davenport, privée de titre majeur depuis janvier 2000, auront à cœur de faire oublier l’absence de Serena.

