Les adversaires de Hugo Chavez ont annoncé avoir remis plus de 3 millions de signatures au Conseil national électoral (CNE) pour demander la tenue du référendum contre le chef de l’État, élu en 1998 et réélu en 2000 pour six ans.
« Les signatures sont à l’abri (...) où elle doivent être », a déclaré l’un des dirigeants de l’opposition, Enrique Mendoza, à la chaîne privée Globovision.
La pétition a été déposée, tôt hier matin et sans annonce préalable, par des responsables de la Coordination démocratique (CD), qui regroupe partis et associations opposés à Hugo Chavez, et avait appelé à plusieurs manifestations dans la capitale.
En milieu de journée, des centaines de milliers de manifestants s’étaient rassemblés dans différents points de la capitale avant de converger vers l’avenue Libertador, au centre-ville, pour appuyer la pétition, alors que quelque 3 670 effectifs des forces de l’ordre avaient été déployés.
Le ministre de la Défense, José Luis Prieto, a averti que toute violence au cours de la concentration relèverait de l’« exclusive responsabilité légale et pénale » des organisateurs, qui n’ont selon lui pas demandé d’autorisation quant aux parcours des cortèges.
Le gouvernement conteste la validité des signatures, recueillies en février dernier, arguant qu’elles n’ont pas été avalisées par la nouvelle direction du CNE, sur laquelle opposition et gouvernement n’ont pu se mettre d’accord et qui devrait être désignée dans les prochains jours par le Tribunal suprême de justice (TSJ).
La procureure générale, Marisol Plaza, a affirmé mercredi à la chaîne publique VTV que les signatures « sont inopportunes » parce que « la demande a été faite avant que ne soit activé le droit à révoquer le mandat présidentiel ».
L’opposition « organise un show pour convertir un droit en acte électoral. Ils l’ont fait avant l’heure, avec une mauvaise question et en plus ils ont fait campagne », a-t-elle déclaré.
La tenue du référendum a été prévue dans l’accord signé le 29 mai dernier entre le gouvernement et l’opposition, sous l’égide de l’Organisation des États américains (OEA), pour tenter de trouver une issue à la crise politique.
Cette consultation est possible, selon la Constitution, à partir de la moitié du mandat, en l’occurrence depuis le 19 août, s’il est requis par au moins 20 % des plus de 11 millions d’électeurs, soit quelque 2,6 millions.

