Au moment d’accueillir Strasbourg, samedi pour le compte de la 3e journée de Ligue 1, Auxerre n’a marqué qu’un but en championnat (un penalty du défenseur Jean-Sébastien Jaurès), mais en a surtout manqué beaucoup contre Nice (1-2) puis Marseille (0-1). La malchance – deux poteaux contre Nice – ou un grand gardien – le Marseillais Runje au Vélodrome – peuvent certes expliquer en partie les débuts difficiles des attaquants bourguignons. Mais en partie seulement. Car le système de jeu auxerrois, basé sur la puissance et la rapidité de « Djib » en pointe, n’offre pas vraiment d’alternatives quand le buteur attitré de l’AJA n’est pas en réussite. Olivier Kapo, le deuxième attaquant, a davantage le profil d’un passeur que d’un finisseur, alors que le Zimbabwéen Benjani, à la technique plus affirmée que Cissé, n’est pas encore assez régulier. « J’ai eu des avant-centres scientifiques à l’image de Szarmach ou de Guivarc’h, explique l’entraîneur bourguignon Guy Roux. Et puis j’en ai actuellement qui sont des attaquants d’instinct, pour qui la réussite, ça va et ça vient. »
Manque d’altruisme
Lors des 30 rencontres officielles disputées par Cissé avec Auxerre depuis le 1er janvier 2003 (Ligue 1, Coupe de France, Coupe de l’UEFA et Trophée des champions), l’AJA a marqué 33 buts, dont près de la moitié sont l’œuvre de Cissé (14). Avec ce constat : quand Cissé marque, Auxerre gagne. Sur les onze matches où il a marqué au moins un but, l’AJA a gagné neuf fois (81,1 % de victoires). En revanche, quand la flèche bourguignonne rate la cible, comme ce fut le cas dans les 19 autres matchs, ce pourcentage tombe à 32 % (6 victoires).
Les supporteurs bourguignons ont donc quelques raisons d’être inquiets du début de saison mitigé de leur attaquant vedette.
« Il y a parfois des moments d’extase où tout rentre, estime Guy Roux. Et puis il y a des moments où tout va bien mais où la balle s’écrase sur les poteaux. Pour un avant-centre, tout peut changer d’un moment à un autre. »
Cissé, 22 ans depuis mardi, sort d’une saison 2002-03 en partie gâchée par une blessure au pied gauche qui l’a tenu éloigné des terrains deux mois à l’automne. Une saison toutefois terminée par un joli but, plein d’opportunisme, en finale de la Coupe de France contre le Paris-SG (2-1).
Mais la Coupe des confédérations a souligné les limites – collectives notamment – de Cissé (14 sélections/3 buts), dont le principal titre de gloire en sélection est son pointu décisif qui avait permis aux Bleus, encore sous le coup du Mondial 2002 raté, d’égaliser à Chypre en septembre 2002. Révélé par ses coupes de cheveux fantaisistes et ses buts spectaculaires il y a trois ans, Cissé n’affiche pas de progrès fulgurants sur ses points faibles : tête et pied gauche. Son manque d’altruisme commence aussi à agacer certains de ses partenaires. « Moi je ne désespère pas, affirme toutefois Cissé. La réussite va venir. Avec des si, on pourrait faire beaucoup de choses. On serait en tête du championnat. Nous avons encore des manques dans notre jeu. On est déçu, c’est vrai, de nos résultats de début de saison mais nous ne sommes pas inquiets. »


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