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Actualités

Athlétisme les Mondiaux 2003 sous la menace de la canicule

Les performances des athlètes se ressentiront de la canicule lors des championnats du monde d’athlétisme, du 23 au 31 août, à Paris, si celle-ci se prolonge jusqu’au début du mois de septembre comme le prévoit la météo.
La chaleur affecte en effet tous les processus physiques, chimiques et biologiques qui se produisent dans l’organisme de l’être humain, dont la température doit demeurer constante. Elle ne varie guère plus d’un degré au cours de la journée chez un être sain sédentaire.
Il en va tout autrement chez un athlète au cours d’efforts intenses, la production d’une calorie utilisée dans un but moteur s’accompagnant de celle de 1,5 à 2 calories produisant de la chaleur, selon les individus et les auteurs scientifiques. Un ensemble de mécanismes de refroidissement intervient alors, la perte de chaleur se faisant essentiellement par radiation et surtout par évaporation (sudation) lorsque la température ambiante est supérieure à celle du corps.

Perte d’énergie
Peter Karpovich et Wayne Sinning indiquent dans Physiologie de l’activité musculaire (Éditions Vigot) que l’organisme peut perdre une énorme quantité d’eau pour se refroidir, ce qui lui permet de résister à des températures très élevées. Un homme pourrait ainsi rester huit minutes dans un four à 115 degrés, température suffisamment élevée pour... la cuisson de certains aliments.
Toutefois, si l’air est saturé de vapeur d’eau, la température supportable est bien moindre (50 degrés) et pendant quelques minutes à peine. Cela s’accompagne d’une perte d’énergie plus grande, ce dont tout le monde a pu faire l’expérience en produisant un effort suivant que la chaleur était moite ou sèche.
En fait, la chaleur n’a guère d’incidence négative dans les épreuves demandant des efforts très brefs. Par exemple, à la hauteur, les sauts des concurrents étant entrecoupés de périodes de repos plus ou moins longues. Ou au lancer du poids.
Selon Karpovich et Sinning, la fréquence respiratoire augmente de 5 à 6 mouvements par minute quand la température corporelle s’élève de 1,5 degré. Dans un 100 mètres, couru pratiquement en apnée, cela n’a pas beaucoup de conséquences.
Ces conséquences sont en revanche importantes pour toute distance supérieure. D’autant que le rythme cardiaque augmente de 37 pulsations/minute quand la température corporelle s’élève d’un peu plus de 2 degrés. Or ce rythme est déjà limite quand il atteint 190 à 200 pulsations/minute au point critique d’un 800 mètres (moment où l’organisme est en dette maximale d’oxygène).

L’idéal pour un marathon :
12° C
Karpovich et Sinning rapportent que les meilleures conditions semblent remplies pour la production d’un effort quand la température est de 20 degrés et le taux d’humidité de 50 %. Pour un marathon, l’expérience et des travaux scientifiques ont appris que la température devait être beaucoup plus basse. De l’ordre de 12 degrés.
Nombreux sont cependant les marathons importants, notamment aux Jeux olympiques, qui ont été courus sous la canicule. À Paris, en 1900, la chaleur fut qualifiée de « sénégalienne » par un chroniqueur. Elle atteignit en effet 39 degrés ! Elle était à peine moindre quand Alain Mimoun remporta le marathon olympique de Melbourne en 1956. À l’époque, la croyance suivant laquelle boire coupait les jambes ne souffrait pas la moindre contestation. Mimoun ne bu donc pas et... essuya une sévère défaillance qui le plongea dans un trou noir entre les 30e et 33e kilomètres. Il perdit dans l’affaire 4 kilos, alors que son poids de corps n’était que de 57 kilos.
On est revenu depuis de cette erreur. Boire fréquemment et peu contribuant efficacement à lutter contre la chaleur. Arroser abondamment le parcours pour refroidir la chaussée, comme l’envisagent les organisateurs du Mondial parisien, serait également une bonne mesure.
Le plus sage serait cependant de faire partir les marathoniens à 5h du matin et non pas à 14h20. Qu’on se souvienne qu’aux Jeux de Stockholm, en 1912, il y eut 34 abandons sur 68 partants. Et que le Portugais Francisco Lazaro mourut en cours de route par une température de plus de 30 degrés.
Les performances des athlètes se ressentiront de la canicule lors des championnats du monde d’athlétisme, du 23 au 31 août, à Paris, si celle-ci se prolonge jusqu’au début du mois de septembre comme le prévoit la météo.La chaleur affecte en effet tous les processus physiques, chimiques et biologiques qui se produisent dans l’organisme de l’être humain, dont la température doit demeurer constante. Elle ne varie guère plus d’un degré au cours de la journée chez un être sain sédentaire.Il en va tout autrement chez un athlète au cours d’efforts intenses, la production d’une calorie utilisée dans un but moteur s’accompagnant de celle de 1,5 à 2 calories produisant de la chaleur, selon les individus et les auteurs scientifiques. Un ensemble de mécanismes de refroidissement intervient alors, la perte de...