Premières victimes de ces turbulences, les petites compagnies sont les plus acharnées dans la recherche de partenaires. Swiss, en pleine déroute, a choisi de se raccrocher à British Airways, avec qui elle vient de conclure un accord commercial. Elle rejoint ainsi les rangs de la puissante alliance OneWorld.
Quant à KLM, compagnie néerlandaise également en difficulté, elle négocie les modalités d’un accord de « coopération intensive » avec Air France. Les négociations butent encore sur des exigences de dernière minute des Pays-Bas ainsi que sur celles d’un troisième larron, Alitalia, rêvant d’un véritable mariage à trois dans le sein de l’alliance SkyTeam.
La plus grande alliance aérienne mondiale, Star Alliance, emmenée par Lufthansa — qui avait offert sans succès une fusion à Swiss — et United Airlines, doit également s’enrichir d’un nouvel adhérent avant la fin de l’année, la compagnie polonaise LOT.
En 2002, le trafic mondial s’est ainsi à peine stabilisé (-0,7 %) et connaîtra « probablement une chute » cette année, selon l’Association internationale pour le transport aérien (IATA).
À plus long terme, les compagnies aériennes cherchent également à unir leurs forces dans la perspective d’une libéralisation de l’espace aérien entre les États-Unis et l’Union européenne, qui devrait attiser la concurrence des deux côtés de l’Atlantique.
Dans ce « ciel ouvert », dont la Commission européenne est chargée depuis juin dernier de négocier les modalités, les compagnies de l’UE pourraient desservir les États-Unis depuis n’importe quel pays européen, alors que l’Europe serait également davantage ouverte aux transporteurs américains.
Mais « il faudra encore plusieurs années avant de voir une consolidation au niveau transatlantique, les obstacles législatifs étant très nombreux », estime Jan Herbst. À l’heure actuelle, il est interdit à des actionnaires non communautaires de détenir plus de 49 % d’une compagnie européenne tandis qu’aux États-Unis, ce seuil est encore plus restrictif, puisqu’un actionnaire non américain ne peut contrôler plus de 25 % du capital d’une compagnie US.


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