Battue en demi-finale en 1991 et 1999, elle a été finaliste malheureuse en 1995. Forts de leur grand chelem (4 victoires en 4 matches) réussi contre Australiens et Sud-Africains dans le Tri-Nations, les All Blacks 2003 sont déterminés à ne plus gâcher leurs chances et récupérer le 22 novembre en finale à Sydney le trophée Webb Ellis conquis par leurs aînés lors du premier Mondial.
L’entraîneur John Mitchell ne veut surtout pas raviver les vieilles blessures. « En Nouvelle-Zélande, nous tendons à vivre dans le passé mais ce qui m’importe c’est ce qui est en jeu maintenant », a-t-il expliqué. Il s’appuie en premier lieu sur un potentiel offensif mis en évidence lors du Tri-Nations (142 points marqués en quatre rencontres). Avec un Carlos Spencer semblant tirer enfin parti de ses dons naturels à l’ouverture et une paire de centres alliant l’adresse d’Aaron Mauger à la puissance de Tana Umaga, le milieu de terrain néo-zélandais possède des arguments exceptionnels. Mais ce sont les trois autres éléments des lignes arrières qui constituent ses armes les plus redoutables.
L’absence de Jonah Lomu, poussé vers une retraite prématurée par une grave néphrite (maladie rénale), a en effet déjà été compensée, voire au-delà. Les ailiers Joe Rococoko et Doug Howlett ainsi que l’arrière Mils Muliaina sont en effet quasi inarrêtables quand ils sont en verve, comme peuvent, par exemple, en témoigner les Australiens, humiliés 50-21 sur leur terrain lors du Tri-Nations.
En fait, c’est le pack Black qui suscite les principales réserves. Si la classe internationale du n° 8 Jerry Collins, du deuxième ligne Chris Jack ou du flanker Richie McCaw n’est pas contestée, les critiques n’ont pas épargné les titulaires des cinq autres postes.
Ainsi beaucoup considèrent que l’ex-treiziste Brad Thorn constituerait une meilleure option en 3e ligne que le capitaine Reuben Thorne. Le deuxième ligne Ali Williams, les piliers Dave Hewett et Greg Sommerville n’ont pas plus convaincu que le talonneur Keven Mealamu, blâmé pour ses lancers en touche. Mitchell est jusqu’alors resté sourd à la contestation.

