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Sénégal Triste anniversaire un an après le naufrage du « Joola »

Le Sénégal a commémoré hier le naufrage du Joola qui, le 26 septembre 2002, a fait 1 863 morts et seulement 64 rescapés, plongeant le pays dans la stupeur et laissant aujourd’hui encore des milliers de familles dans l’amertume et le désarroi. D’un côté, des cérémonies officielles ont eu lieu à Dakar et à Ziguinchor (sud du Sénégal) d’où était parti le ferry qui, surchargé, avait chaviré dans l’océan Atlantique au large de la Gambie, alors qu’il faisait route vers la capitale sénégalaise. De l’autre, il y a eu des mères prostrées, des pères meurtris, des familles obsédées par leur chagrin, en colère parfois contre l’État et ses défaillances, qui ont préféré prier seuls plutôt que d’écouter des discours.
Au cimetière de Mbao, près de Dakar, où s’alignent 139 tombes, anonymes pour la plupart, environ 300 personnes se sont retrouvées hier matin à l’appel du Collectif des familles des victimes du Joola.
Le Collectif reproche aux autorités d’avoir « politisé » le drame, multiplié les promesses et les effets d’annonce, sans venir en aide aux veuves et aux orphelins ni payer les indemnisations promises. Sans non plus procéder au renflouement du bateau. Le Collectif n’admet pas que le dossier du Joola ait été classé sans suite au plan pénal. Il a jugé indécent que le président sénégalais, Abdoulaye Wade, remette « symboliquement » hier à une famille de Ziguinchor un chèque à titre d’indemnisation. Pour le Collectif, le jour était des plus mal choisis.
« Nous refusons qu’on souille la mémoire de nos disparus », a déclaré le président du Collectif, Idrissa Diallo, en appelant les personnes présentes à Mbao à quitter le cimetière avant l’arrivée du Premier ministre, Idrissa Seck.
Des familles sont parties, d’autres sont restées et ont vu M. Seck pendant un quart d’heure. Il s’est incliné sur une tombe, a déposé une gerbe et, avant de prier, a souhaité que le drame « ne s’efface pas ». Dans le même temps, à Ziguinchor, devant environ 2 000 personnes rassemblées au port, le président Wade a encore une fois appelé ses concitoyens à « modifier leurs comportements », à lutter contre « l’indiscipline, l’incivisme, la négligence », invoqués depuis un an pour expliquer l’ampleur du drame du Joola.
Hier dans tout le pays, des prières étaient dites dans les mosquées, et des offices religieux célébrés dans les églises.
Le Sénégal a commémoré hier le naufrage du Joola qui, le 26 septembre 2002, a fait 1 863 morts et seulement 64 rescapés, plongeant le pays dans la stupeur et laissant aujourd’hui encore des milliers de familles dans l’amertume et le désarroi. D’un côté, des cérémonies officielles ont eu lieu à Dakar et à Ziguinchor (sud du Sénégal) d’où était parti le ferry qui, surchargé, avait chaviré dans l’océan Atlantique au large de la Gambie, alors qu’il faisait route vers la capitale sénégalaise. De l’autre, il y a eu des mères prostrées, des pères meurtris, des familles obsédées par leur chagrin, en colère parfois contre l’État et ses défaillances, qui ont préféré prier seuls plutôt que d’écouter des discours.Au cimetière de Mbao, près de Dakar, où s’alignent 139 tombes, anonymes pour la...