Rechercher
Rechercher

Actualités

Affaire Kelly : les révélations de l’enquête Hutton

Le juge Hutton, chargé de mener l’enquête sur la mort en juillet dernier de l’expert britannique en armement David Kelly, a entendu les derniers témoins jeudi. Au terme de 22 jours d’auditions, qui ont vu défiler 74 témoins, dont le Premier ministre Tony Blair et son ministre de la Défense Geoff Hoon, voici un récapitulatif des principales révélations de l’enquête. Une enquête indépendante et spectaculaire, difficilement imaginable d’ailleurs dans la plupart des pays du monde, et dont les conclusions définitives seront rendues en novembre.
David Kelly : les experts ont conclu que David Kelly est décédé d’une hémorragie, dans la nuit du 17 au 18 juillet, après s’être tranché les veines d’un poignet et avoir pris une grande quantité de tranquillisants. En juillet, le scientifique a subi une pression considérable exercée par ses supérieurs hiérarchiques, qui l’ont interrogé à deux reprises, par la presse, qui a révélé son nom, et par deux commissions parlementaires, dont une publique. David Kelly, employé par le ministère de la Défense, est reconnu comme un expert en armement chimique et biologique de renommée internationale. Il a participé à la rédaction du controversé dossier gouvernemental de septembre 2002 sur les armes de destruction massive de l’Irak.
Tony Blair et sa garde rapprochée : Tony Blair a nié que ce dossier ait été rendu « plus sexy » pour justifier la guerre, assurant que « cela aurait justifié sa démission ». Tony Blair a néanmoins personnellement rencontré le président de la BBC au cœur de la crise.
Sa garde rapprochée est en outre intervenue pour en modifier la formulation. Son directeur de cabinet a notamment fait supprimer un passage selon lequel « Saddam Hussein n’utiliserait ses armes chimiques et bactériologiques que s’il était attaqué ».
Alastair Campbell, son directeur de la communication – démissionnaire depuis le 29 août –, a proposé des dizaines de modifications au maître d’œuvre du document. Le journal personnel de M. Campbell a également révélé en termes crus sa volonté (et celle de Geoff Hoon) de voir l’identité du scientifique révélée pour contredire le journaliste Andrew Gilligan.
Geoff Hoon : le ministre de la Défense a maintenu avoir voulu « protéger l’anonymat » de David Kelly, niant toute « conspiration » du gouvernement pour révéler son nom. Mais son service de presse, après avoir donné plusieurs détails biographiques sur Kelly, a reçu la consigne de confirmer l’identité du scientifique aux journalistes qui avançaient son nom. Un reporter du Times a pu proposer 21 noms avant de trouver celui de David Kelly. M. Hoon a en définitive dû admettre que cette stratégie avait été validée en sa présence.
Concernant le dossier gouvernemental, le ministre a reconnu son caractère trompeur. Ainsi, il savait que la mention des « 45 minutes » (le délai supposé nécessaire à Saddam Hussein pour déployer ses armes chimiques et biologiques) concernait seulement des obus utilisables sur le champ de bataille et non des missiles stratégiques, comme cela avait été interprété dans la presse.
Andrew Gilligan et la BBC : si le journaliste Andrew Gilligan a maintenu avoir « transmis l’essence » des propos du scientifique dans son reportage du 29 mai, il a admis quelques « dérapages verbaux ». Le directeur de l’information de la BBC, Richard Sambrook, l’a sévèrement critiqué, le qualifiant de « journaliste extrêmement bon pour dénicher une information » mais « manquant de nuance et de subtilité » dans la rédaction de ses reportages. La BBC devra « tirer des leçons » de cette affaire, a-t-il reconnu.
Les services secrets britanniques : deux experts du renseignement militaire ont émis leurs doutes sur la formulation du dossier de septembre 2002 en écrivant à leurs supérieurs du ministère de la Défense. Tony Blair et Geoff Hoon ont affirmé ne pas avoir été au courant de ces inquiétudes. John Scarlett, chargé de faire le lien entre le gouvernement et les services de renseignements, a finalement admis qu’il avait connaissance de ces réserves. M. Scarlett a qualifié les interventions de Downing Street sur le dossier irakien de septembre 2002 de simples « conseils de présentation ». Il a également reconnu le caractère flou de la formulation de ce dossier, expliquant que les ADM irakiennes étaient de simples munitions tactiques.
Le juge Hutton, chargé de mener l’enquête sur la mort en juillet dernier de l’expert britannique en armement David Kelly, a entendu les derniers témoins jeudi. Au terme de 22 jours d’auditions, qui ont vu défiler 74 témoins, dont le Premier ministre Tony Blair et son ministre de la Défense Geoff Hoon, voici un récapitulatif des principales révélations de l’enquête. Une enquête indépendante et spectaculaire, difficilement imaginable d’ailleurs dans la plupart des pays du monde, et dont les conclusions définitives seront rendues en novembre.David Kelly : les experts ont conclu que David Kelly est décédé d’une hémorragie, dans la nuit du 17 au 18 juillet, après s’être tranché les veines d’un poignet et avoir pris une grande quantité de tranquillisants. En juillet, le scientifique a subi une pression...