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Actualités

Nous revenons à notre «rubrique pour l’été» afin de vous signaler la sortie toute proche (?) d’un film que l’on croyait écarté par nos distributeurs: «Adaptation», de Spike Jonze (une expérience peu ordinaire).
Cette semaine, c’est Dyma Demirdjian qui se charge des nouvelles sorties. À savoir: «The Hulk», d’Ang Lee, et «View From the Top», de Bruno Barreto; une grosse production venue des «Marvels» et une comédie à consonances plus ou moins sociales.
La sortie de «A Man Apart» a été reportée.

Sorties prévues pour le jeudi 14/8 (sous réserve).
– «Le voyage de Chihiro» (animation), de Hayao Miyazaki.
– «Daddy Day Care», de Steve Carr, avec Eddie Murphy, Anjelica Huston, Steve Zahn.
– «Adaptation» de Spike Jonze, avec Nicolas Cage et Meryl Streep.

Dr. Jekyll et Mr. Hulk

Hulk,
de Ang Lee

C’est avec impatience, curiosité et perplexité que nous attendions la sortie du «blockbuster» Hulk. Deux raisons de taille: le film met en scène l’un des héros de BD les plus mythiques (le personnage de Hulk apparaît pour la première fois en 1962, avant d’être porté au petit écran jusqu’à la fin des années 80). Si adapter Hulk au cinéma n’est pas vraiment une surprise (les héros BD ont en effet la cote en ce moment: exemple: Daredevil et Spiderman), le choix du réalisateur n’en est pas moins surprenant.
Le monstre vert est dirigé sous la houlette d’Ang Lee, auquel nous devons des chefs-d’œuvre tels que Sense and Sensibility, The Ice Storm et Crouching Tiger, Hidden Dragon. Connu comme étant un cinéaste s’intéressant profondément à l’âme et à la dynamique de la famille, la combinaison «blockbuster» et cinéma d’auteur ne pouvait que titiller nos pulsions cinéphiliques.
L’histoire: adopté durant son enfance, le généticien Bruce Banner (Eric Bana) n’a aucun souvenir de ses parents biologiques (suite à un choc émotionnel infligé par son père). Lors d’un accident, il se voit exposé à des rayons Gamma qui provoquent un changement de son code génétique, le transformant en une bête superpuissante, aussitôt qu’il est soumis à une intense émotion ou une vive colère.
D’un point de vue psychologique, le sujet fait appel à une dualité fort intéressante et à laquelle nous faisons tous face dans la vie: le Bien contre le Mal; la peur de nos démons intérieurs, le côté bestial que la société nous demande de refouler. Mais voilà, l’empreinte psychologique et sérieuse d’Ang Lee sonne faux, face au caractère si parfait et maîtrisé des effets spéciaux. De plus, les dialogues, pas assez développés, rendent les protagonistes plus ridicules qu’intéressants (exception faite pour la prestation glaçante de Nick Nolte en savant déjanté).
Autre reproche, et non des moindres, les longueurs. En effet, l’histoire tarde à démarrer (45 minutes avant de voir la transformation de Banner en Hulk). La deuxième partie, la traque du monstre entre le désert et San Francisco, est une risible métaphore d’une certaine guerre menée par un certain Américain contre un certain Arabe: toute l’artillerie militaire US est déployée afin de mettre la main sur le géant vert. Jolie ironie: cette guerre-là ne fera aucun mort côtés civil et militaire (même les hélicoptères, une fois écrasés, n’explosent pas!)
Les quelques grammes de finesse dans ce film de brute: la très poétique déflation du géant numérique en un simple mortel s’écroulant aux pieds de l’unique objet de son apaisement: le belle Jennifer Connelly.

Kaslik, Circuit Empire
Espace, Freeway

Décollage raté

View From the Top
de Bruno Barreto

C’est reparti pour une énième comédie romantique inodore, incolore et sans saveur. Tournée en 2001, la pellicule a traîné dans les tiroirs poussiéreux de Miramax, avant de sortir en salle deux ans plus tard... et nous comprenons pourquoi. View From the Top déborde de niaiserie, d’humour plat et de dialogue aussi vides que le désert de Gobi. La surprise: Gwyneth Paltrow dans le rôle d’une pauvre fille bébête dont le but est de quitter son Nevada natal afin de concrétiser son rêve, devenir hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne de prestige. «Téléportée» dans cette aventure bien faible, l’actrice a tout de même assuré ses arrières: 10 millions de dollars pour jouer une potiche qui mâchouille du chewing-gum... c’est assez plaisant (?). Le réalisateur brésilien pousse même le sadisme jusqu’à nous infliger Mike Myers (Austin Power) dans le rôle d’un instructeur doté d’un strabisme et dont les blagues redondantes à outrance rabaissent le niveau du film plus bas que terre.

Concorde, Abraj, Zouk

Rubrique pour l’été (suite)

Adaptation,
de Spike Jonze

Si nous tenons à vous présenter ce film – avant vision –, c’est pour deux raisons essentielles. La sortie d’Adaptation, restée longtemps incertaine, vient d’être annoncée pour jeudi prochain (14); et son réalisateur, Spike Jonze, n’est autre que l’auteur de Being John Malkovich (99), ce film (sorti chez nous) dont on a tellement parlé. Il va sans dire que nous reviendrons sur Adaptation, si la sortie du film a bien lieu comme prévu.
Difficile de résumer le sujet d’un pareil film. On peut s’y prendre comme suit: Charlie Kaufman (rôle tenu par Nicolas Cage) est le scénariste dépressif du film Being John Malkovick (eh oui!), aux prises avec les affres de son métier. Autrement dit, il souffre en tentant d’adapter un best-seller au sujet par trop sophistiqué. Alors que Charlie est un angoissé perpétuel, son frère jumeau, Donald (encore Nicolas Cage), pond sans problème des scénarios dénués de toute originalité. Charlie n’arrive pas à draguer, Donald collectionne les conquêtes féminines. Cette donnée de départ risque déjà de dérouter le spectateur. Mais l’effort de s’y retrouver en vaut la peine. Voici une brève revue de presse qui pourrait être éclairante. On lit dans les Cahiers du cinéma (n° 577 – mars 2003): «Charlie décide de faire de ses difficultés d’écriture le sujet même de son travail, en devenant le personnage central de sa propre fiction (...) Meryl Streep, en journaliste new-yorkaise égarée dans cet imbroglio, fait preuve d’un immense talent». Libération du 26/3/2003 met les points sur les i: «Le film veut étudier, sous de multiples facettes, le dur métier d’inventeur d’histoires en satirisant aussi bien le monde des lettres que le milieu du cinéma. La dissertation est alambiquée: le film cible un public très fermé.» Première, enfin (n° de mars 2003): «Névroses, doutes, pauses, impuissance, tentations (etc.) font la vraie substance du film (...) La fin est invraisemblable, inattendue et symboliquement chargée.»
Conclusion: vous irez voir le film, mais en prenant bien soin de vous y préparer.

Disparition
Bob Hope
(à titre de curiosité)

À propos de la disparition récente de celui qui fut l’amuseur public n° 1 d’Hollywood – peu après avoir célébré ses 100 ans! – nous avons retrouvé une ancienne photo (sans doute assez rare) de Bob Hope. L’acteur y figure en compagnie de Lana Turner (autre gloire de l’époque), sa partenaire dans le film de Jack Arnold Bachelor in Paradise (61). Ce jour-là, le 29 mai de ladite année, c’était son 58e anniversaire que fêtait Bob Hope.

Livres et revues

• Faudra-t-il ouvrir une chronique «Liban partout»... au cinéma?! Pourquoi pas, si c’est justifié – ce qui semble de plus en plus être le cas. Exemple: au Brésil. Il existe dans ce pays, vivant dans une ferme retirée, un romancier très apprécié. Son nom, Raduan Nassar, indique son origine libanaise: il est né, en 1936, de parents immigrés dans l’État de São Paulo. Or, une de ses œuvres récentes vient d’être portée à l’écran, sous le titre À la gauche du père. Il se trouve que le film, réalisé par Luis Fernando Carvalho, remporte un énorme succès, auprès de la critique comme du public. Et il est couvert de récompenses dans plusieurs festivals internationaux (en plus de celui de São Paulo): à La Havane, à Montréal, sans oublier le prix spécial du jury à Biarritz (France). On présume qu’il faudrait une sorte de miracle (et même plusieurs) pour que ce film arrive jusqu’au Liban, mais il est permis d’espérer...
• Vénus Khoury-Ghata, par contre, n’a pas vraiment besoin d’être présentée. D’origine libanaise (elle est née à Bécharré en 1937), elle vit à Paris – depuis le début des années 70 – une véritable «passion francophone». Globe-trotter, d’abord journaliste, elle a publié de nombreux recueils poétiques, essais et romans, tout en menant un combat (incessant et difficile) pour la défense et l’illustration de la langue française (à noter aussi qu’on lui doit une traduction d’Aragon en langue arabe).
Sa vaste culture, ouverte sur toutes les découvertes, impliquait un intérêt tout naturel pour le cinéma. On vient d’apprendre que son roman La Maestra, publié en 92 chez Actes Sud, va faire l’objet d’un film.
Si Vénus Khoury-Ghata passe par Beyrouth vers septembre prochain (comme prévu?), on aimerait bien qu’elle puisse nous donner des nouvelles de ses foisonnantes activités. Sans oublier le film en question, bien sûr.

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
Nous revenons à notre «rubrique pour l’été» afin de vous signaler la sortie toute proche (?) d’un film que l’on croyait écarté par nos distributeurs: «Adaptation», de Spike Jonze (une expérience peu ordinaire).Cette semaine, c’est Dyma Demirdjian qui se charge des nouvelles sorties. À savoir: «The Hulk», d’Ang Lee, et «View From the Top», de Bruno Barreto; une grosse production venue des «Marvels» et une comédie à consonances plus ou moins sociales.La sortie de «A Man Apart» a été reportée. Sorties prévues pour le jeudi 14/8 (sous réserve).– «Le voyage de Chihiro» (animation), de Hayao Miyazaki.– «Daddy Day Care», de Steve Carr, avec Eddie Murphy, Anjelica Huston, Steve Zahn.– «Adaptation» de Spike Jonze, avec Nicolas Cage et Meryl Streep.Dr. Jekyll et Mr. HulkHulk,de Ang LeeC’est avec...