Selon ces sources qui ont requis l’anonymat, la Libye pourrait informer le Conseil de sécurité de l’Onu le 14 août de sa responsabilité dans l’explosion d’un Boeing de la PanAm, au-dessus du village écossais de Lockerbie qui avait fait 270 morts. Cette date pourrait être modifiée compte tenu des événements, ont-ils précisé. « Le 14 août est la date envisagée, mais comme ces choses ont déjà échoué par le passé, on verra bien », a dit l’un d’entre eux.
La reconnaissance par la Libye de sa responsabilité dans l’attentat pourrait intervenir après la signature d’un accord sur le versement de 2,7 milliards de dollars d’indemnisations aux familles des victimes, a indiqué pour sa part hier le Washington Post. Glenn Johnson, président de l’association des familles des victimes du vol 103 de la PanAm, a précisé que l’accord définitif pour le versement des indemnisations sur un compte bloqué à la Banque des règlements internationaux (BRI) devrait être signé le 14 août après des négociations cette semaine à Londres. Les Libyens auront ensuite un délai de 30 jours pour déposer un premier acompte, après quoi ils pourront formellement notifier au Conseil de sécurité qu’ils reconnaissent leur responsabilité dans l’attentat, a précisé M. Johnson. « Il semble que les Libyens qui avaient traîné des pieds pendant des années veulent soudain accélérer les choses. Il est possible que tout soit réglé le 14 août », a ajouté M. Johnson.
Les espoirs de règlement s’étaient évanouis à plusieurs reprises jusqu’en mars dernier quand le ministre libyen des Affaires étrangères Abdel Rahmane Chalgham avait reconnu la responsabilité civile de son pays dans l’attentat.
Dans une interview diffusée dimanche par la chaîne de télévision américaine ABC, le colonel Mouammar Kadhafi a affirmé que l’affaire était « proche de sa conclusion ». « Les experts ont trouvé une formule, mais je n’en ai pas les détails », a-t-il dit.
Si l’accord se fait et que la Libye reconnaît sa responsabilité, l’Onu pourrait accepter de lever les sanctions économiques à son encontre et Tripoli entamerait des négociations avec Washington pour obtenir la levée des sanctions américaines. Les responsables américains restent toutefois prudents sur la suite des événements. « Nous avons nos propres critères pour déterminer (la levée des sanctions) », a souligné un responsable. « Nous suivons le schéma, mais nous ne sommes certainement pas liés par lui. »
Selon le projet d’accord, les dédommagements interviendraient en trois étapes, à condition que les sanctions de l’Onu soient levées immédiatement après le premier paiement de 4 millions de dollars par victime, et que celles des États-Unis soient levées après un deuxième paiement identique. Après le troisième paiement, de 2 millions de dollars par victime, Tripoli exigerait de ne plus figurer sur la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.
Les sanctions de l’Onu ont été suspendues, mais non abandonnées, après la livraison par la Libye à un tribunal spécial écossais siégeant aux Pays-Bas de deux de ses ressortissants considérés comme les auteurs de l’attentat. En janvier 2001, un des Libyens a été condamné à la prison à vie et son coaccusé acquitté.

