Caucase L’Ingouchie veut se débarrasser des réfugiés tchétchènes
le 20 septembre 2003 à 00h00
Les autorités ingouches, qui souhaitent activer le départ des réfugiés tchétchènes installés dans des camps de toile en Ingouchie (Caucase russe), ont coupé l’eau hier au camp de réfugiés de Bella. La coupure d’eau à Bella, qui touche près d’un millier de personnes, accompagne une coupure d’électricité effective depuis mercredi. Elle fait suite à un décret du département des migrations du ministère russe de l’Intérieur, qui interdit depuis mercredi l’accès des camps de réfugiés aux organisations humanitaires internationales. Dans les faits, cette interdiction s’applique aux camps de Bella, situé à l’est de l’Ingouchie, et à ceux, contigus, de Bart et Spoutnik, et implique quelque 5 000 personnes. « Des officiers du service des migrations sont venus nous montrer un décret demandant que l’eau soit coupée », a déclaré un réfugié de Bella, Aslan. Cette mesure est prise « pour nous sortir d’ici. Ils disent qu’ils ne nous forcent pas à partir mais ça revient au même », s’insurge-t-il. « On veut nous sortir d’ici, mais nous n’avons nulle part où aller », raconte-t-il. Petit monde clos à l’écart du gros bourg de Sleptsovsk, Bella abrite ses hôtes sous des toiles kaki exposées aux intempéries. Les enfants vont à l’école dans une baraque de bois plantée sur un côté. Un magasin de fortune offre quelques produits de première nécessité. Sous la pression des autorités, qui ont multiplié les contrôles d’identité et les menaces d’expulsion, quelque 900 réfugiés ont déjà quitté l’endroit, certains rentrant en Tchétchénie, d’autres louant chez l’habitant ou encore squattant un bâtiment abandonné. Les plus faibles et les plus démunis sont restés. « On nous propose de rentrer en Tchétchénie – mais là-bas il y encore la guerre – ou bien de nous reloger dans un autre camp, mais dans un mois ils nous diront de le quitter », se désespère Aslan.
Les autorités ingouches, qui souhaitent activer le départ des réfugiés tchétchènes installés dans des camps de toile en Ingouchie (Caucase russe), ont coupé l’eau hier au camp de réfugiés de Bella. La coupure d’eau à Bella, qui touche près d’un millier de personnes, accompagne une coupure d’électricité effective depuis mercredi. Elle fait suite à un décret du département des migrations du ministère russe de l’Intérieur, qui interdit depuis mercredi l’accès des camps de réfugiés aux organisations humanitaires internationales. Dans les faits, cette interdiction s’applique aux camps de Bella, situé à l’est de l’Ingouchie, et à ceux, contigus, de Bart et Spoutnik, et implique quelque 5 000 personnes.« Des officiers du service des migrations sont venus nous montrer un décret demandant que l’eau...
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