Un imbroglio fâcheux affectant la catégorie des 125 cc a conduit le Belge Olivier Liégeois et sa compatriote et collaboratrice Marie-Paule Willems à se séparer de l’adolescent pour changer de constructeur et offrir à un autre pilote licencié, le Japonais Youichi Ui, l’opportunité de courir. Les résultats sportifs du jeune Français n’étaient pas en cause, mais la structure belge était au bord de la faillite et il a fallu sauver l’écurie et garder une place en championnat du monde pour 2004.
Di Meglio perdait tout dans cette opération, et surtout ses illusions. Fini l’apprentissage des circuits, du pilotage de haut niveau. Fi de la joie de marquer des points au championnat du monde, d’entrer dans l’élite.
Faire de la moto
Entre autres arguments, Barbaro Guy Levi, patron de la SMI, société anglaise de management qui tient le garçon de 15 ans sous contrat pour dix ans, avait annoncé au Portugal que son protégé devrait retrouver un guidon. « Mike di Meglio sera présent pour le reste de la saison comme prévu (sauf d’imprévisibles obstacles de dernière minute), et il recevra le soutien des mêmes parraineurs et des mêmes personnes », promettait-il.
Tenu ! Mercredi, dans le paddock de l’Autodrome Nelson Piquet de Rio de Janeiro (Est), théâtre samedi de la douzième des seize épreuves du championnat du monde de vitesse, apparaissait un nouveau Mike di Meglio. Dominant sa peur panique de s’exposer, le jeune homme arborait ses nouvelles couleurs, celles de l’écurie Honda Racing Service dirigée par l’Italien Gabriele Debia, en compagnie d’un groupe de musiciens et de danseurs de samba venus animer les lieux.
Changement d’attitude également dans le stand de la formation où le pilote, tout sourire alors qu’on le connaît plutôt renfrogné, discutait avec ses nouveaux mécaniciens, en compagnie de son mentor, Nicolas Dussauge, vainqueur dimanche dernier du Bol d’or motocycliste. « Il a tout à réapprendre », résumait ce dernier, ajoutant : « Il fait de la moto. »
Déjà l’avenir
Et c’est bien là tout ce qui importe à di Meglio, ce qui le motive. Après avoir « accusé le coup » à Estoril, il veut aujourd’hui « en découdre avec tout le plateau ». Il s’agit désormais pour lui, selon Dussauge, de « démontrer sa valeur à ses détracteurs, de leur prouver qu’il n’est pas là par hasard ».
Dans sa nouvelle écurie, le Français va courir les cinq derniers Grands Prix de la saison. « Nous voulions à tout prix qu’il “apprenne” tous les circuits du championnat du monde. Nous allons également travailler pour qu’il ramène d’autres points. »
La Honda est moins performante que l’Aprilia, et les pneus Bridgestone inférieurs aux Dunlop.
Ce constat n’inquiète pas outre mesure Dussauge, qui apprécie par-dessus tout d’être, ainsi que son pilote, « parfaitement intégré au team ».
Avec Levi, le manageur, ils préparent déjà la saison prochaine. « Nous voulons lui trouver quelque chose de très bien ». Nouvelle promesse à tenir.

