Le Fonds, qui publiait à Dubaï ses « perspectives économiques mondiales » d’automne, a aussi souligné que les pays de la région devaient s’attaquer au haut niveau de leur endettement. Cette situation pourrait encore se détériorer dans le cas du probable affaiblissement du prix du brut.
La croissance pour l’ensemble de la région devrait s’établir à 5,1 % cette année, contre 3,9 % en 2002, selon les prévisions du FMI.
Outre le facteur pétrolier, le Fonds note que les réformes économiques en Iran, où la croissance devrait atteindre 6,1 % cette année, ont eu un impact positif sur la région.
Aidée par l’effet de la reconstruction de l’Irak, la région devrait maintenir un taux de croissance de 4,5 % l’année prochaine, soit un niveau élevé, dit le FMI.
« La perspective pour le marché pétrolier reste sujette à une incertitude considérable, et beaucoup d’analystes pétroliers voient la probabilité d’une évolution des prix à la baisse à moyen terme, ce qui aurait clairement des implications significatives pour les producteurs de pétrole de la région », estime le Fonds.
Le FMI entend par Moyen-Orient une région très large, allant de la Libye à l’Iran.
La croissance dans les pays les moins riches en pétrole, comme la Jordanie, l’Égypte et la Syrie, sera plus modérée et pénalisée par les incertitudes géopolitiques qui affectent durement l’industrie touristique.
Le défi principal pour la région réside dans sa capacité à dégager une croissance suffisante pour créer des emplois et faire en sorte que le marché du travail puisse absorber l’augmentation de la population.
Le directeur du département du FMI pour le Moyen-Orient, George Abed, a souligné, lors d’une conférence de presse, que les pays de la région devaient réaliser des taux de croissance supérieurs à 6 % pour réduire les taux de chômage.
Le chef économiste adjoint du FMI, David Robinson, a critiqué les gouvernements de la région et estimé qu’ils n’étaient pas parvenus ces dernières années à stimuler la croissance du secteur non pétrolier.
« Pendant les 20 dernières années, cela a été une déception, et par conséquent, nous avons des taux de chômage assez importants dans la région », a-t-il déclaré, appelant les pays arabes à créer un climat propice aux investissements, à l’image de la Chine et des pays asiatiques.
Israël, qui sort de la pire récession de son histoire, devrait pour sa part enregistrer une faible croissance de 0,7 % en 2003. Le FMI estime que la Banque centrale israélienne dispose d’une marge pour baisser encore ses taux d’intérêt.

