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Actualités

Si «Old School», de Todd Phillips, peut passer pour un divertissement acceptable, on sait par contre à quoi s’en tenir sur les deux autres nouveaux films de la semaine. «Bad Boys II», de Michael Bay, est un clonage du premier exemplaire (95); quant à «The Pool», de Boris Von Sychowski, c’est la petite «horreur» de service, au scénario archiconventionnel. Dyma Demirdjian a vu les deux premiers: elle vous en parle.
Éclaircies en vue? Il est permis de l’espérer. On attend, dans l’immédiat, plusieurs films intéressants, et l’ouverture du Festival du Moyen-Orient est confirmée pour le 1/10. Alors, un peu de patience!
Sorties prévues pour le jeudi 25/9 (sous réserve)
– The League of Extraordinary Gentlemen, de Stephen Norrington, avec Sean Connery, Peta Wilson, Jason Flemyng.
– Buffalo Soldiers, de Gregor Jordan, avec Ed Harris, Anna Paquin, Joaquin Phœnix
– The Good Girl, de Miguel Arteta, avec Jennifer Aniston.
L’université de la bonne
humeur

Old School,
de Todd Phillips

Surprise insoupçonnée de la semaine, Old School nous réconcilie avec les comédies américaines. Enfin de l’humour drôle! Le réalisateur a préféré, très justement, écarter les adolescents boutonneux, afin de privilégier tout le potentiel comique d’un trio trentenaire. D’un côté, nous avons Beanie qui vit une relation sans passion, Frank qui doute de son récent mariage, et Mitch qui surprend sa copine en plein ménage à trois. Décidé à recommencer sa vie, ce dernier ne trouve pas mieux que de vivre sur un campus universitaire. Aidé de ses amis afin d’éviter l’expulsion, il crée une confrérie très particulière.
Si Old School recèle une ou deux blagues primaires, le reste est un délice burlesque et tonique. L’humour surprenant, subtil et hilarant, mis en valeur par des acteurs en totale harmonie, ne fléchit pas un instant. Résultat: un rythme énergique qui ne connaît aucun temps mort. Les acteurs, Luke Wilson (actuellement dans Legally Blonde 2), Will Ferrell et Vince Vaughn, maîtrisent parfaitement le registre de la comédie et offrent une prestation irréprochable et délurée. L’idée n’est pas de présenter trois adolescents en plein syndrome «Peter Pan», mais plutôt des jeunes hommes complexes qui pensent et agissent en hommes de trente ans. C’est en cela qu’ils gagnent notre sympathie et échappent au ridicule.
Todd Phillips mêle à merveille l’humour et l’atmosphère des adultes et des jeunes. Son film tient la promesse d’une comédie digne de ce nom: faire rire du début à la fin.

Circuit EMPIRE-
ESPACE, FREEWAY

Exercice d’algèbre

Bad Boys 2,
de Michael Bay

Huit ans après, les bad boys Will Smith et Martin Lawrence sont de retour dans ce nouvel «opus». Ces longues années n’ont pas changé d’un fil leur personnage. Marcus (Lawrence) conserve son statut de flic, père de famille et clown à ses heures perdues, et Mike (Smith) celui de flic, play-boy et fortuné. Le tandem enquête sur un trafic d’ecstasy à Miami. Au cours de l’investigation, ils se voient épaulés par Sydney (la sœur de Marcus), agent de la DEA (Drug Enforcement Agency). Bad Boys 2 marche selon la même formule que le numéro 1: il oscille entre scènes d’actions et rapports humains entre les deux personnages principaux. L’équipe du film prend le titre à la lettre (ou plutôt au chiffre) puisque absolument tout est répété au minimum deux fois. Les scénaristes lancent sans complexe les mêmes gags, le réalisateur goupille deux fois la même scène d’action interminable et bruyante. Le montage ainsi que les plans choisis n’échappent pas à la redondance, perdant de ce fait leur impact, malgré des effets de ralentis et d’accélérations, de plongées et de contre-plongées, visuellement intéressants et esthétiques.
Le film se résume en un calcul simplissime: Bad Boys I multiplié par 2 donne Bad Boys 2. Donc plus de bruit, de vulgarité, d’explosions et de morts. Michael Bay a voulu goûter à la folie des grandeurs. Il n’en reste malheureusement que la folie. Tout court – mais le film, lui, est long.

Circuit EMPIRE-
ESPACE, FREEWAY
«The Long Hot Summer»
Programmation et box-office:
très contrastés
Le film, américain, n’est certes pas récent [1] mais, s’agissant de cinéma, son titre ne convient que trop bien au bilan de cette saison estivale qui va s’achever. La baisse de fréquentation des salles obscures en été n’a rien de nouveau, elle est même traditionnelle, au Liban comme ailleurs (les États-Unis faisant exception). Cependant, au Liban, cette chute s’inscrit (en plus) dans le contexte général de notre crise économico-financière. C’est dire...
Cela dit, justement, la programmation étant ce qu’elle est, les résultats ont été très contrastés. Au rayon des «blockbusters», The Matrix Reloaded et T3: Rise of the Machines ont fait de bons chiffres (relativement, bien sûr), tout en restant – surtout le second – en deçà de ce qu’avaient pu espérer leurs distributeurs. Situation plus modeste pour le second X-Men, et nettement moindre pour The Hulk (remarque valable pour Lara Croft, Tomb Raider n° 2).
Un cas particulier est intéressant: Pirates of the Caribbean. Ce film de Gore Verbinski n’était pas considéré, au départ, comme un véritable «blockbuster». Il le devint, surtout grâce au bouche-à-oreille et aussi à un accueil critique quelque peu forcé (sans publier une publicité en renfort!).
Dans la catégorie des films moyens de qualité d’ailleurs variable, quelques titres sont à retenir. Phone Booth, suspense dramatique rebaptisé en France Phone Game (sic!), s’est assez bien tiré d’affaire, de même que les comédies suivantes: How to Lose a Guy in 10 Days, Just Married, The Lizzie McGuire Movie, relevant toutes du «romanesque» hollywoodien. On peut y ajouter Bruce Almighty (peut-être grâce à Dieu?!) et, à la rigueur, Anger Management, plus grimaçant que drôle.
Côté films français, le bilan est désastreux. Sorties (très) retardées, programmation et promotion sabotées, pour une «sélection» (?) le plus souvent aberrante: une seule exception, positive au box-office, celle de Taxi 3. Au reste, il faut bien enregistrer l’arrêt de l’expérience de la Salle Six (complexe Sodeco), ce qui en dit long [2].
Et le cinéma «différent»? Il est resté plus que jamais en marge! C’est déjà un miracle qu’Adaptation soit sorti (il n’avait aucune chance); quant au film peu ordinaire de George Clooney, Confessions of a Dangerous Mind, il semble qu’il ait attiré son lot d’amateurs (il faudrait que le public bouge!). Fin de la traversée du désert.

[1]: The Long Hot Summer (en France: Les feux de l’été), de Martin Ritt, d’après Faulkner, avec Paul Newman et Orson Welles, date de 1958.
[2]: mais de bonnes nouvelles sont possibles, d’ici à la fin de cette année. Qui sait?!
n gros plan
Cinéma et idéologie(s)
Léni Riefenstahl vient de mourir. Une fois de plus, on a beaucoup parlé de cette femme-phénomène, cinéaste extraordinairement douée. Surtout pour évoquer ses démêlés avec les «justiciers» antinazis d’après la Seconde Guerre mondiale (ils ont été innombrables!). Il est vrai que Léni Riefenstahl s’était quelque peu compromise avec le régime hitlérien, d’une manière d’ailleurs assez floue et à des degrés variables. Elle avait fini par être «dénazifiée». D’accord. Mais a-t-elle été, oui ou non, une des créatrices géniales du septième art? Ses films – en particulier Le triomphe de la volonté et Les dieux du stade – ont été reconnus comme des chefs-d’œuvre et sont restés impresionnants, par la beauté de l’image, la composition des plans, le rythme superbe du montage. La politique, c’est une autre histoire.
Les critères, en ce domaine aux contours fluctuants, sont pour le moins étranges. Des grands cinéastes comme Eisenstein, Dovjenko, Poudovkine (entre autres) n’ont-ils pas travaillé, plus ou moins directement, pour un certain «petit père des peuples», alias Joseph Staline? Leurs films ont été admirés, à juste titre. Mais pourquoi ne leur a-t-on pas fait de procès, ne serait-ce que d’intention? Peut-être parce qu’il s’agissait d’une idéologie alors classée «démocratique»?! (ironie des appellations). Dernier détail: Jean Cocteau – mais oui – avait aidé à réhabiliter Léni Riefenstahl. L’amour de l’art.

G.-P.
Livres et revues
Romans populaires sur grand écran
Curieux: il semble qu’en France, une certaine littérature «populaire» – dans la meilleure acception du terme – revienne à la mode. On lit, on relit Maurice Leblanc, on se passionne pour l’élégant, cynique et séduisant gentleman-cambrioleur nommé Arsène Lupin. Mais les avait-on oubliés? Pas vraiment, sans doute, même si des passages à vide les avaient relégués au second plan. Bref, ils reviennent en force. Au cinéma aussi: quoi, sans ordinateurs, ni portables, ni effets spéciaux?! Oui – c’est peut-être pour cela, qui sait.
À noter: on a eu droit, dernièrement, à un «Belphégor» de Jean-Paul Salomé, d’après Arthur Bernède (pas terrible) et, plus récemment (et mieux reçu), «Le mystère de la chambre jaune», de Bruno Podalydès, d’après Gaston Leroux, un confrère de Leblanc. Arsène Lupin, quant à lui, a fait souvent du cinéma. Mais cette fois, c’est du sérieux. Développement.
Quand Arsène Lupin
avait 20 ans
C’est le même Jean-Paul Salomé (cité plus haut) qui a décidé de consacrer un film à la première aventure du héros sorti de l’imagination de Maurice Leblanc, Arsène Lupin. Titre: La comtesse de Gagliostro. Avec un budget de 22 millions d’euros, le projet s’annonce ambitieux. L’intrigue, elle, a déjà de quoi séduire. Arsène Lupin a 20 ans (le roman a été écrit en 1905!). Il sauve d’un complot une belle jeune femme, mystérieuse au point de se révéler bientôt diabolique. Lupin découvre qu’elle est sur la piste d’un fabuleux trésor. On ne vous en dit pas davantage: Leblanc était expert en rebondissements et savait distiller le suspense avec une étonnante maîtrise... L’interprétation promet: Romain Duris, à peine 30 ans, le jeune premier de L’auberge espagnole, en Lupin, avec Kristin Scott-Thomas (une fort belle comtesse), Pascal Greggory, Robin Renucci et Mathieu Carrière.
La sortie du film est prévue pour octobre 2004. Un an à patienter...

L’Aiglonne et l’Empereur
Avec Arthur Bernède (1871-1937), on a affaire à un auteur franchement plus «peuple». D’ailleurs à peu près oublié aujourd’hui. Il œuvrait – et avec quel succès – dans le mélo impur et dur (larmes à l’appui). Quelques titres: Cœur de Française!, Les bas-fonds de Paris, Judex, on en passe... On ignorait qu’il avait commis un gros roman «historique», L’Aiglonne (456 pages!). Bonaparte, alors lieutenant, sauve de l’échafaud une aristocrate. Des amours de ce couple improbable naîtra une enfant qui, 20 ans plus tard, devenue républicaine, complotera contre... l’empereur Napoléon. «Un livre vivant, freudien, romantique» (etc.), a écrit un critique. Idéal pour en tirer un film... populaire.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
Si «Old School», de Todd Phillips, peut passer pour un divertissement acceptable, on sait par contre à quoi s’en tenir sur les deux autres nouveaux films de la semaine. «Bad Boys II», de Michael Bay, est un clonage du premier exemplaire (95); quant à «The Pool», de Boris Von Sychowski, c’est la petite «horreur» de service, au scénario archiconventionnel. Dyma Demirdjian a vu les deux premiers: elle vous en parle.Éclaircies en vue? Il est permis de l’espérer. On attend, dans l’immédiat, plusieurs films intéressants, et l’ouverture du Festival du Moyen-Orient est confirmée pour le 1/10. Alors, un peu de patience!Sorties prévues pour le jeudi 25/9 (sous réserve)– The League of Extraordinary Gentlemen, de Stephen Norrington, avec Sean Connery, Peta Wilson, Jason Flemyng.– Buffalo Soldiers, de Gregor Jordan,...