Ménagé depuis le début de la préparation de la Coupe du monde en raison d’une microdéchirure au mollet gauche, Marsh a enfin pu goûter à nouveau aux joies des sports collectifs, en se lançant lors d’un entraînement héraultais sur chaque ballon ou sur chaque attaquant adverse.
Arrivé blessé au rassemblement tricolore le 30 juillet, il n’avait pu participer activement à la première partie de la préparation pour le Mondial (10 octobre-22 novembre) en Australie.
« Il y a eu cinq ou six semaines dures, se souvient le Néo-Zélandais en repensant à son début d’été. J’étais avec tout le monde sans m’entraîner. J’avais un peu l’impression de tricher par rapport aux autres. Je me posais la question de savoir ce que je faisais là. Les autres s’entraînaient et pas moi. » Et malgré un caractère de battant, le centre de Montferrand a même pensé lâcher le maillot tricolore : « Il y a trois semaines, j’ai dit au médecin que si je n’étais pas guéri dans deux semaines, j’arrêtais. Je ne voulais pas aller à la Coupe du monde à 50 %, le groupe a besoin de joueurs à 100 %. »
Soutiens
Alors, il s’est remis au travail sans mollir, sous la direction des préparateurs physiques, étonnés par le personnage qui a déjà remporté sa première victoire au printemps en combattant une tumeur cancéreuse, avec une opération début mars et des séances de chimiothérapie jusqu’en mai.
« Le corps du joueur fait qu’il récupère plus vite des traumatismes », lance Frédéric Aubert, habitué à soigner les Parisiens et pigiste auprès des Bleus.
Pour autant, le joueur qui a retrouvé son poids de forme (98 kg) ne veut pas crier victoire. « Je “bosse” plus car j’ai besoin de travailler. Je vais faire étape par étape. Cette semaine est un premier défi », souffle-t-il intimidé par autant d’attention de la presse dans l’hôtel du Cap d’Agde, où les Français effectuent un stage avant de s’envoler pour l’hémisphère Sud.
Et la réponse à ces incertitudes viendra cette semaine avec les entraînements et le test de samedi.
« Je redoute la douleur au mollet. Il y a un peu d’appréhension. Je manque de jeu, avoue le centre aux 11 sélections aligné samedi avec les Barbarians pour au moins les 40 premières minutes. Avec le médecin, on a convenu que je joue une période, et après on verra. » « Il va me falloir deux ou trois matches pour retrouver les sensations », poursuit-il, sentant poindre la nervosité au fur et à mesure que l’échéance de samedi approche.
Mais apprécié depuis son arrivée dans le groupe, Marsh (31 ans) sait qu’il peut compter sur le soutien inconditionnel de ses coéquipiers, qui sont tous venus s’enquérir des résultats d’examens qu’il a passés la semaine dernière pour vérifier la rémission de son cancer.

