La première athlète contrôlée à l’EPO avait été la Russe Olga Yegorova à Paris/Saint-Denis en juillet 2001, blanchie par la suite après un problème de procédure. Officiellement, le premier suspendu a été le marathonien italien Roberto Barbi, tombé dans les mailles du filet lors des Mondiaux 2001.
Depuis, l’EPO faisait tomber des têtes régulièrement sans pour autant décimer les disciplines d’endurance, naturellement exposées à l’EPO.
En 2002, deux « gros poissons » étaient tombés : le Belge Mohammed Mouhrit et le Marocain Brahim Boulami. Cette année, c’est une véritable épidémie qui a frappé l’athlétisme. Avant le possible cas Chouki, le Kényan Bernard Lagat, forfait au Stade de France, avait été contrôlé à la même substance peu avant les Mondiaux.
Cet hiver, trois athlètes ont complété la liste lors des Mondiaux de cross-country : la Kényane Pamela Chepchumba, la Marocaine Asmae Leghzaoui et l’Espagnol Alberto Garcia.
À ces cinq athlètes, qui risquent deux ans de suspension, il convient d’ajouter l’affaire Stéphane Dessaulty, le spécialiste français du 3 000 m steeple, interpellé par la police le 22 juillet pour s’être procuré de l’EPO avec des ordonnances volées.
Discours et actes
en adéquation
« Il faut donc multiplier les contrôles pour détecter l’EPO qui sont encore minoritaires », plaide le président de la Fédération française (FFA), Bernard Amsalem.
Car pour le corps médical, ce n’est pas vraiment que le produit est à la mode mais plutôt que la détection progresse.
« Je ne sais pas si la consommation croît, mais je sais que les laboratoires deviennent de plus en plus performants dans les analyses », explique le médecin de la FFA, Philippe Deymié, qui parle de « méthodes fiables », tandis que le débat a longtemps agité le microcosme pour savoir s’il fallait pratiquer un prélèvement urinaire seulement ou le doubler avec un prélèvement sanguin.
Lors des Mondiaux 2003 à Paris, la Fédération internationale (IAAF) et le ministère français des Sports avaient trouvé un difficile compromis pour effectuer les premières analyses à partir de l’échantillon urinaire et d’analyser le sang pour confirmer un cas positif.
Ainsi au Stade de France, environ 70 contrôles ont été effectués pour rechercher l’EPO sur 450 contrôles classiques, contre 50 aux Mondiaux d’Edmonton (Canada).
« Notre détermination à lutter contre l’EPO est entière. Nous avons d’ailleurs augmenté le nombre de contrôles en compétition mais aussi en dehors avec les contrôles inopinés », a insisté le secrétaire général de l’IAAF, Istvan Gyulaï.
En fait, après l’épisode Olga Yegorova en 2001, la Fédération internationale s’était promis de réagir pour ne pas faire tomber son sport dans le discrédit le plus total, comme cela avait été le cas en 1998 avec le cyclisme.
L’année 2003 semble montrer que les actes commencent enfin à être en adéquation avec les discours.

