« Un nouveau gouvernement pourrait être annoncé dès mardi », a indiqué sous le couvert de l’anonymat le responsable d’un des sept partis du Front national progressiste (FNP), coalition dirigée par le parti Baas au pouvoir depuis 1963.
Le FNP a soumis samedi à M. Otri la liste de ses candidats, a précisé ce responsable.
Le Premier ministre désigné a également rencontré ce week-end des responsables du secteur privé, qui appelle de ses vœux depuis des années la mise en place d’un cabinet en mesure de libéraliser l’économie du pays.
Pour M. Otri, il s’agit également de réformer le secteur public, moderniser l’appareil administratif et sortir le pays du quasi-immobilisme et du marasme économique qui se caractérisent notamment par un taux de chômage qui touche environ 20 % de la population active, surtout les jeunes.
« La désignation de M. Otri nous inspire confiance », a indiqué hier un industriel syrien, Youssef Mardini.
Dès sa nomination mercredi dernier, M. Otri – un baassiste mais surtout un homme de terrain connu pour son pragmatisme – a affirmé que la réforme de l’administration et de l’économie constituait une « priorité » pour la Syrie.
Président du Parlement syrien depuis le début de l’année, Mohammed Otri a occupé précédemment d’importantes fonctions municipales, puis ministérielles.
« Nous ne demandons pas au nouveau gouvernement de faire des miracles (...) mais des réformes qui demandent du courage », a écrit hier le quotidien officiel Techrine.
Le gouvernement sortant avait été formé en décembre 2001. Il était dirigé par Mohammed Moustapha Miro, désigné par l’ancien président Hafez el-Assad peu de temps avant sa mort en 1999.
M. Otri apparaît ainsi comme le premier chef de gouvernement pleinement désigné par Bachar el-Assad.
Selon des journaux libanais, le nouveau cabinet sera nettement plus resserré que le précédent et devrait compter 25 ministres (contre 35 sous le gouvernement Miro).
Outre les postes économiques, les observateurs s’interrogent sur le sort de l’actuel ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh, qui pourrait être appelé à de plus hautes fonctions, et de Moustapha Tlass, ministre de la Défense depuis 31 ans.

