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SOCIÉTÉ Le bouddhisme fait sa première rentrée à l’école allemande

À l’école John-Lennon de Berlin, les têtes blondes peuvent depuis la rentrée s’initier à une nouvelle matière en Allemagne : le bouddhisme, qui attire un nombre croissant de fidèles dans le pays.
«Mon but n’est pas de les convertir », assure le professeur Renate Noack, née protestante. « Je veux les aider à trouver un sens à leur vie qui ne soit pas égoïste mais en harmonie avec la communauté », dit cette ancienne professeur de philosophie, initiée au bouddhisme dans les années 80.
Les plus âgés de ses 28 élèves, les lycéens, sont Allemands de souche et venus de leur propre chef, « par curiosité ». Les plus jeunes, ceux du niveau primaire, ont souvent des origines asiatiques et ont généralement été motivés par leurs parents.
« La vie est souffrance », proclame Mme Noack en tenant son livre de cours « publié par une maison d’édition chrétienne ». Elle présente à ses élèves la vie de Bouddha et le « samsara », le cycle des transmigrations dont sont prisonniers les hommes.
« Vous tâcherez pour la prochaine fois de réfléchir à toutes ces petites gênes physiques qui incommodent la vie », leur demande ce professeur de 54 ans.
Les élèves viennent d’écoles différentes et se retrouvent après les cours en quatre groupes pour deux heures hebdomadaires facultatives. Dans le hall, des affiches pour la paix rappellent les manifestations contre la guerre en Irak de l’hiver dernier, auxquelles avaient participé des milliers d’écoliers en Allemagne.
Dans la pièce pendent aux murs des photos et poèmes de l’écrivain allemand pacifiste Bertolt Brecht.
Anne, catholique de 15 ans, se dit intéressée par « l’aspect pacifique » du bouddhisme. Tobbias, 17 ans, veut « élargir son horizon ». Casquette de base-ball et écouteurs énormes débordant de son sac, Vincent, qui a le même âge, dit étudier cette religion « pour mieux comprendre la politique de certains gouvernements » asiatiques.

Problèmes de concentration
Tous ont déjà étudié académiquement la religion chrétienne, comme c’est la tradition dans les écoles allemandes, dont les programmes varient de région à région. Berlin expérimente aussi depuis quelques années l’enseignement de l’islam et en particulier l’alévisme, un courant musulman spécifique et propre aux Turcs, qui forment une importante communauté en Allemagne.
Avec les plus jeunes, l’enseignante a commencé la méditation. « Pour ceux qui ne veulent pas s’initier, je n’insisterai pas. Mais je crois qu’à notre époque un peu de méditation ne peut pas faire mal », poursuit Mme Noack, formée à l’école japonaise de bouddhisme, le zen.
« J’ai été surprise de voir à quel point les jeunes ont du mal à se concentrer », dit-elle. Surmenés par une société de plus en plus compliquée et informatisée, ils ont selon elles « des problèmes avec leur ordinateur interne ».
Berlin a une longue tradition de bouddhisme: en 1924 le premier temple d’Europe occidentale y était construit. Aujourd’hui, environ 5000 Berlinois se disent bouddhistes.
Quelque 100000 Allemands de souche appartiennent à cette religion, aux côtés des 120000 bouddhistes d’origine asiatique vivant en Allemagne, selon les estimations de l’Union bouddhiste allemande, la principale association représentative.
« L’intérêt pour le bouddhisme en Allemagne ne fait que croître », affirme l’Union. Toutefois certains mettent en garde contre les risques d’une édulcoration. « La combinaison de vie à l’occidentale avec un peu de bouddhisme n’a pas grand-chose à voir avec l’enseignement de Bouddha », juge Michael Utsch, du Centre évangélique allemand.
À l’école John-Lennon de Berlin, les têtes blondes peuvent depuis la rentrée s’initier à une nouvelle matière en Allemagne : le bouddhisme, qui attire un nombre croissant de fidèles dans le pays.«Mon but n’est pas de les convertir », assure le professeur Renate Noack, née protestante. « Je veux les aider à trouver un sens à leur vie qui ne soit pas égoïste mais en harmonie avec la communauté », dit cette ancienne professeur de philosophie, initiée au bouddhisme dans les années 80.Les plus âgés de ses 28 élèves, les lycéens, sont Allemands de souche et venus de leur propre chef, « par curiosité ». Les plus jeunes, ceux du niveau primaire, ont souvent des origines asiatiques et ont généralement été motivés par leurs parents.« La vie est souffrance », proclame Mme Noack en tenant son livre de cours «...