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Nucléaire L’AIEA fait monter la pression, l’Iran durcit le ton

Une majorité des trente-cinq pays siégeant au Conseil des gouverneurs de l’AIEA semblait soutenir hier un projet de résolution donnant jusqu’en octobre à l’Iran pour prouver qu’il ne mettait pas au point l’arme nucléaire, une date butoir jugée inacceptable par Téhéran qui a menacé de rompre avec l’agence onusienne.
« Quinze pays coparrainent maintenant le projet de résolution » déposé mardi par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, enjoignant à l’Iran de « prendre d’ici à la fin octobre toutes les mesures adéquates » pour remplir ses obligations au titre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a déclaré un diplomate occidental.
« Il s’agit de faire monter à bord la Russie – qui conduit une coopération nucléaire avec le régime islamique – et certains des quinze pays du Mouvement des non-alignés (MNA), notamment d’Amérique du Sud, pour parvenir à un consensus », a-t-il ajouté.
« Mais nous avons déjà une majorité substantielle » pour faire adopter la résolution par un vote, a-t-il souligné. « Nous préférerions prendre une décision par consensus. » L’Argentine, le Chili et le Panama semblaient vouloir se désolidariser du bloc des non-alignés pour endosser la résolution franco-germano-britannique.
Largement inspiré en coulisse par les États-Unis, le texte, déposé mardi devant l’organe exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a été qualifié d’ « irresponsable » et d’ « arrogant » par le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi. Il a menacé à Téhéran de « revoir le niveau actuel de coopération avec l’agence ».
La communauté internationale – États-Unis, Union européenne, G8, Russie, Japon – presse depuis plusieurs mois l’Iran d’autoriser l’inspection en profondeur de ses installations nucléaires en signant un protocole additionnel au TNP, signé en 1970 par Téhéran.
Washington et Paris, notamment, soupçonnent le régime islamique de mettre secrètement au point l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil. Les États-Unis accusent en outre ouvertement l’Iran de violer ses obligations de non-prolifération.
Si, comme la Corée du Nord en février, l’Iran devait être déclaré en violation de ses obligations de non-prolifération, l’AIEA n’aurait d’autre choix que de saisir le Conseil de sécurité de l’Onu, ouvrant la voie à d’éventuelles sanctions internationales.
En fin de matinée, le Conseil a suspendu ses travaux jusqu’aujourd’hui pour tenter de trouver une synthèse avec un autre projet de résolution déposé par l’Afrique du Sud. Celui-ci n’impose pas de date butoir à l’Iran et n’exige pas de lui qu’il arrête d’enrichir de l’uranium.
De discrets pourparlers destinés à forger un compromis ont été engagés dans l’après-midi. Ces conversations ont été qualifiées de « difficiles » par un diplomate européen. « Je crois que nous réussirons à inclure dans le texte une date butoir » contraignante pour l’Iran, a ajouté un autre diplomate occidental.
Pour le représentant américain, Ken Brill, « il s’agit de donner à l’agence les moyens de faire son travail » consistant à vérifier si l’Iran a rempli ses engagements de non-prolifération.
« Nous ne pouvons attendre indéfiniment » que l’Iran remplisse les obligations contractées sous le régime du TNP, a indiqué une autre source diplomatique. « Il faut que la résolution contienne une notion d’urgence », selon cette source.
Pour le Malais Dato Hussein Haniff, porte-parole du MNA au Conseil, « imposer une date butoir consisterait à revenir à la case départ et lierait les mains du directeur général » de l’AIEA, qui doit présenter en novembre un nouveau rapport sur les activités nucléaires de l’Iran. Mais, interrogé à ce propos, M. el-Baradei s’est déclaré « en faveur » d’un tel délai.
Le projet de résolution franco-germano-britannique demande notamment au Conseil d’exiger de l’Iran qu’il « donne un accès sans restriction aux sites (nucléaires) que l’agence souhaiterait visiter » et fournisse « toutes les informations relatives à ses expériences de conversion de l’uranium »
Une majorité des trente-cinq pays siégeant au Conseil des gouverneurs de l’AIEA semblait soutenir hier un projet de résolution donnant jusqu’en octobre à l’Iran pour prouver qu’il ne mettait pas au point l’arme nucléaire, une date butoir jugée inacceptable par Téhéran qui a menacé de rompre avec l’agence onusienne.« Quinze pays coparrainent maintenant le projet de résolution » déposé mardi par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, enjoignant à l’Iran de « prendre d’ici à la fin octobre toutes les mesures adéquates » pour remplir ses obligations au titre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a déclaré un diplomate occidental.« Il s’agit de faire monter à bord la Russie – qui conduit une coopération nucléaire avec le régime islamique – et certains des quinze pays du...