Ce gaucher talentueux, qui n’a jamais évolué dans un club de son pays, n’a pas su chasser ses vieux démons pour revenir au premier plan à l’occasion du Mondial 2002, où son naturel d’enfant gâté capricieux a repris le dessus. N’acceptant pas d’être remplacé lors du match d’ouverture contre l’Espagne, il en était venu aux mains avec le sélectionneur Srecko Katanec. Son retour n’avait pas été glorieux.
Mais la Slovénie n’a pas encore les moyens de se passer d’un tel artiste, et Katanec ayant démissionné après l’élimination au premier tour, le nouveau sélectionneur Bojan Prasnikar a rapidement rappelé Zahovic en équipe nationale.
Révélé à l’Euro 2000, Zahovic y avait inscrit trois buts après en avoir réussi neuf lors des qualifications. Son toucher de balle de velours, caractéristique des gauchers, allié à un sens du but affirmé et à une combativité de tous les instants, en font le meilleur buteur de l’histoire du pays avec 34 buts en 75 sélections.
Véritable star dans son pays, le Slovène n’a pourtant pas réalisé une carrière digne de son talent. Son tempérament de feu, ses écarts de langage et de comportement l’ont souvent obligé à faire ses valises. Ainsi, en 1999, il est obligé de quitter le FC Porto pour Olympiakos Le Pirée pour 8,5 millions d’euros, après s’être fâché avec la quasi-totalité du club.
Fantasque
Mais là aussi, ses querelles avec ses coéquipiers et un différend avec les dirigeants sur son salaire l’obligent une nouvelle fois à déménager, cette fois vers Valence, pour 15 millions d’euros. L’âge d’or des transferts.
Pourtant, une nouvelle fois il va decevoir. Hector Cuper, l’entraîneur argentin des doubles finalistes de la Ligue des champions, regrette son choix, Zahovic n’arrivant pas à faire oublier Gaitxa Mendieta. Sauf sur les coups de pied arrêtés, du gauche naturellement.
Le fantasque Slovène réussit cependant à rebondir une nouvelle fois en revenant presque à la case départ, au Portugal, à Benfica où il retrouve ses jambes de l’Euro 2000, malgré des problèmes rénaux récurrents.
« Nous n’avions pas l’expérience des grandes compétitions. L’Euro était notre premier grand rendez-vous. Nous avons beaucoup appris depuis », affirme Zahovic redevenu le petit génie plein de bonnes intentions.
Contre Israël, la semaine dernière, il a offert la victoire à son pays, impliqué sur les trois buts (3-1). Il rêve naturellement de renouveler cette performance sur le terrain, contre l’équipe de son modèle, Zinédine Zidane.

