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Des députés tentent une mission de bons offices entre Arafat et Abbas

Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas retrouve aujourd’hui à Ramallah les membres du Parlement pour une séance à huis clos consacrée à son différend avec Yasser Arafat, alors que des députés s’apprêtent à lancer une mission de bons offices entre les deux hommes.
Affaibli par un conflit de pouvoir avec le dirigeant palestinien, M. Abbas (alias Abou Mazen) est menacé par une motion de censure déposée par des membres du Conseil législatif, qui contestent son action à la tête du gouvernement. Après avoir défendu jeudi son bilan devant le Conseil législatif, M. Abbas doit y exposer aujourd’hui sa version du différend qui l’oppose à M. Arafat sur le contrôle des services de sécurité. Une délégation du Conseil législatif se rendra ensuite, aujourd’hui ou demain, auprès de M. Arafat pour connaître ses vues et essayer de trouver un terrain d’entente entre les deux hommes, selon des sources parlementaires.
Les médiateurs, qui doivent présenter un rapport au Parlement lors d’une séance publique lundi ou mardi, espèrent arracher un compromis susceptible de persuader 18 députés de retirer la motion de censure qu’ils ont déposée jeudi contre le gouvernement. Mais l’initiateur de cette motion, le député indépendant Hassan Khreisheh, n’entend pas y renoncer, arguant qu’elle n’est pas tant liée au conflit entre MM. Arafat et Abbas qu’à la performance générale du gouvernement. « Même si Arafat et Abou Mazen se réconcilient, le vote de défiance restera valable », a déclaré M. Khreisheh. « Nous avons déposé cette motion car le gouvernement d’Abou Mazen n’a rien fait, qu’il s’agisse de nos prisonniers détenus par Israël, des négociations, de l’arrêt de la construction du mur de séparation ou d’assurer la sécurité dans les territoires palestiniens », a-t-il ajouté.
Selon le député du Fateh Hatem Abdel-Kader, la plupart des élus de son mouvement, majoritaires au Parlement avec 63 sièges sur 85, attendent de connaître le résultat de la médiation avant de se prononcer. Huit des députés ayant signé la motion de censure appartiennent au Fateh, dirigé par M. Arafat et dont Abou Mazen est l’un des dirigeants. « Nous pensons qu’il est trop tôt d’examiner une motion de censure contre le gouvernement ou de présenter une demande en ce sens à la présidence du Parlement », a affirmé M. Abdel-Kader, se disant étonné de ce que huit députés du Fateh aient cosigné la motion. Selon lui, une telle démarche risque de « faire avorter les efforts visant à mettre fin au conflit » entre M. Arafat et son Premier ministre et « ne fera que compliquer les choses ». La plupart des députés du Fateh ont choisi de ne pas s’associer à la motion pour ne pas compromettre les efforts de bons offices, a-t-il expliqué. « Nous voulons gagner du temps pour parvenir à une formule de compromis définissant les rapports entre le président Arafat et Abou Mazen. Leur différend est plus technique et administratif que politique », selon M. Abdel-Kader. Selon la loi fondamentale de l’Autorité palestinienne, une motion de censure doit être présentée par au moins dix députés, ce qui signifie que le texte peut être soumis au vote même si les huit élus du Fateh s’en désolidarisent. Si un accord est trouvé entre-temps entre les deux hommes, le Fateh espère faire échouer la motion en appelant ses députés à voter contre. « Mais s’il n’y a pas d’accord, le gouvernement d’Abou Mazen pourrait chuter », estime M. Abdel-Kader, qui s’attend toutefois à « une solution de la dernière minute pour éviter l’abysse », avant la prochaine séance publique de la Chambre.
En tant que détenteur du portefeuille de l’Intérieur, M. Abbas contrôle trois services de sécurité, les autres relevant de M. Arafat. Les États-Unis pressent M. Arafat de transférer toutes ces forces au contrôle de M. Abbas pour qu’il puisse mettre au pas les groupes radicaux, comme le Hamas et le Jihad islamique.
Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas retrouve aujourd’hui à Ramallah les membres du Parlement pour une séance à huis clos consacrée à son différend avec Yasser Arafat, alors que des députés s’apprêtent à lancer une mission de bons offices entre les deux hommes.Affaibli par un conflit de pouvoir avec le dirigeant palestinien, M. Abbas (alias Abou Mazen) est menacé par une motion de censure déposée par des membres du Conseil législatif, qui contestent son action à la tête du gouvernement. Après avoir défendu jeudi son bilan devant le Conseil législatif, M. Abbas doit y exposer aujourd’hui sa version du différend qui l’oppose à M. Arafat sur le contrôle des services de sécurité. Une délégation du Conseil législatif se rendra ensuite, aujourd’hui ou demain, auprès de M. Arafat pour connaître...