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ÉTATS-UNIS L’emploi refuse toujours de raccrocher au train de la reprise

Les entreprises américaines ont continué à tailler massivement dans leurs effectifs en août, un constat décourageant qui prouve combien l’emploi refuse toujours de raccrocher au train de la reprise.
Les entreprises ont supprimé 93 000 emplois en août, même si le taux de chômage, calculé sur une base différente, a un peu fléchi à 6,1 % de la population active contre 6,2 % en juillet, selon des chiffres publiés hier par le département du Travail. « Ce n’est pas bon », a résumé Sal Guatieri du groupe financier BMO.
Les analystes ont été pris de court car ils s’attendaient à une hausse modeste des créations qui aurait rompu avec cinq mois de baisses consécutives. Depuis le début de l’année, l’économie américaine a perdu 595 000 emplois.
« Il faut remonter à la grande dépression des années 30 pour retrouver un tel niveau de pertes d’emplois 29 mois après le début d’une récession », en l’occurrence en mars 2001, souligne l’institut de politique économique EPI.
En août l’industrie a continué de payer un lourd tribut avec 44 000 suppressions d’emplois, notamment dans le textile (-12 000). Mais les services aussi se sont allégés de 67 000 personnes, avec une chute pour les services aux entreprises (-28 000) et pour les emplois publics (-26 000).
Pratiquement tous les secteurs ont réduit leurs effectifs. « Cela laisse vraiment perplexe. La plupart des indicateurs disent que l’économie est en train de prendre un tournant et pourtant les entreprises refusent d’embaucher », a noté Sal Guatieri.
Tous les indicateurs sont en effet passés au vert depuis quelques semaines. Les patrons semblent avoir abandonné leur frilosité et recommencent à investir, les consommateurs consomment avec enthousiasme, et l’industrie elle-même, grande sinistrée depuis la récession, est repassée à la vitesse supérieure.
Les analystes rappellent que dans ce contexte, l’emploi finit toujours par redémarrer, même si c’est avec un temps de retard.
« Lors d’une sortie de récession, l’emploi est traditionnellement le dernier indicateur à s’améliorer », a souligné hier le porte-parole de la Maison-Blanche Scott McClellan.
Mais, l’économiste indépendant Joel Naroff résume d’une phrase le problème actuel : « Pourquoi embaucher quand vous pouvez faire travailler plus vos employés ? Le bond spectaculaire de la productivité devrait nous avoir averti que les entreprises ne se sont pas encore remises à embaucher », ajoute-t-il. La productivité a augmenté de 6,8 % au deuxième trimestre, après une année 2002 marqué par la plus forte progression en un demi-siècle à 5,5 %.
Les entreprises américaines ont continué à tailler massivement dans leurs effectifs en août, un constat décourageant qui prouve combien l’emploi refuse toujours de raccrocher au train de la reprise.Les entreprises ont supprimé 93 000 emplois en août, même si le taux de chômage, calculé sur une base différente, a un peu fléchi à 6,1 % de la population active contre 6,2 % en juillet, selon des chiffres publiés hier par le département du Travail. « Ce n’est pas bon », a résumé Sal Guatieri du groupe financier BMO.Les analystes ont été pris de court car ils s’attendaient à une hausse modeste des créations qui aurait rompu avec cinq mois de baisses consécutives. Depuis le début de l’année, l’économie américaine a perdu 595 000 emplois.« Il faut remonter à la grande dépression des années 30 pour...