Sorties prévues pour le jeudi 22/5 (sous réserve)
– The Matrix Reloaded, de Larry et Andy Wachowski, avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne et Monica Bellucci.
– Une femme de ménage, de Claude Berri, avec Jean-Pierre Bacri et Émilie Dequenne.
Le poids de Freud,
les reflets de Bergman
The Weight of Water,
de Kathryn Bigelow
L’entreprise est ambitieuse. Sans doute un peu trop. À la base du scénario, un roman à succès qui conte l’histoire (authentique?) d’un double crime dont l’énigme n’a jamais été élucidée (??). Un crime commis, il y a plus d’un siècle, dans des îles de la Nouvelle-Angleterre (USA), où vivaient, dans des conditions austères, des immigrants venus de Norvège. Aujourd’hui, une photographe de presse, obsédée par ce mystère, embarque sur un voilier, avec époux, beau-frère et belle-sœur, à destination des îles en question.
Dès lors, le film va mettre en scène, en parallèle, les interférences (les influences) du passé avec l’état présent des personnages «modernes». Nous sommes là, déjà, devant le premier handicap du film: une surcharge souvent gênante. Le second problème est d’ordre technique: le montage, mal maîtrisé, plonge le spectateur dans le désarroi. La confusion s’installe.
Kathryn Bigelow, cinéaste qu’on peut considérer comme «marginale», a fait peu de films, plus ou moins déroutants, jamais indifférents (Point Break, en 91 [1]). Dans The Weight of Water, la thématique freudienne de l’eau est omniprésente, comme le sont les obsessions du cinéma de Bergman (très beaux gros plans de visages, féminins en particulier). Lorsque le drame (ancien) se précipite, le déballage est impitoyable: inceste, lubricité, lesbianisme, rien ne manque à l’appel. Et le véritable coupable – que l’on sentait d’ailleurs venir – est dévoilé.
Il ne nous reste plus qu’à reprendre nos esprits (pas si facile!). Les interprètes, courageux, ne sortent pas indemnes de l’épreuve: même Sean Penn, qui a eu des emplois autrement plus consistants. À vous de prendre une décision...
[1]: le critique de Première a fait erreur: Strange Days – 95 – n’est pas le film précédent de Bigelow; il y a eu ensuite, en 2001, K-19: The Widow Maker, un film intéressant qu’on a pu voir au Liban.
(Circuit EMPIRE – ESPACE)
Retour
Rue des plaisirs,
de Patrice Leconte
Il serait dommage que les amateurs de films français négligent, quand ils sont bons (les films), Rue des plaisirs. Une réussite mineure, d’accord, mais tout de même appréciable. Comme d’habitude, on a trop tardé à sortir ce film chez nous. Insistons sur la msie en scène, soignée et décorative (couleurs), le rythme rapide sur lequel est menée l’intrigue et la qualité de l’interprétation. Sans oublier la bande-son (musique et rengaines d’époque). Si vous avez une soirée à (ne pas) perdre...
KASLIK, EMPIRE/SODECO – Salle SIX/MKALLÈS
Jusqu’à ce que la mort
les sépare...
Iris,
de Richard Eyre
Iris s’inspire des écrits de John Bayley: Elegy for Iris (1999) et Iris and her Friends (2000). Le film retrace la vie mouvementée de Dame Murdoch, l’une des romancières-philosophes britanniques les plus singulières et les plus importantes de son temps. À Oxford, elle vit une passion peu commune avec un homme qui lui sera à jamais fidèle (le professeur John Bayley) et qui l’accompagnera durant sa longue lutte contre la maladie d’Alzheimer (elle décéda en 1999). L’histoire se concentre essentiellement sur deux périodes de la vie du couple: leur rencontre dans les années 70 (Iris et John sont joués par Kate Winslet et Hugh Bonneville) et l’épreuve de la maladie dans les années 90 (Iris et John sont joués par Judi Dench et Jim Broadbent). Le réalisateur s’est détaché de la structure classique linéaire afin d’alterner les épisodes du passé et du présent. Mais la balance penche plutôt vers la deuxième moitié de la vie de l’écrivain, à savoir l’évolution de sa maladie. Résultat, l’atmosphère du film en prend inévitablement un coup. Il est dommage qu’Eyre n’ait pas plus insisté sur la grandeur et l’importance de l’écrivain (26 romans, 4 pièces, 6 volumes de philosophie).
L’excellent jeu des acteurs dissipe cette ombre avec brio. Winslet capture intelligemment l’esprit rusé, bohémien et libéral d’Iris, alors que Dench joue dans l’intériorité, nous donnant une idée de la personne qui existe encore en elle, malgré la maladie. Le jeune John est très justement interprété par Bonneville, qui a su reprendre l’aspect physique, les tics et les maladresses que demande son personnage. Ceux-ci sont «perfectionnés» plus tard par Broadbent. Le film aurait d’ailleurs pu s’intituler John, tant il décrit la totale dévotion et adoration qu’il porte à Iris. Même si l’histoire est dure, le réalisateur ne tombe pas dans le mélo, insistant sur le respect et la dignité de l’esprit d’Iris. C’est une triste et jolie leçon d’amour et de fidélité.
CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, ZOUK
La mort aux trousses
Final Destination 2,
de David R. Ellis
Dans Final Destination 1 (2000), Alex prévisualisait un crash, repoussant ainsi la date de la mort des ses amis. Pour le deuxième volet, on recommence, mais on remplace l’accident d’avion par un accident de la route. L’idée de la mort en «serial killer» vicieux était bien trop originale pour ne pas succomber à la tentation de prolonger l’univers du premier film. Ce quasi-remake a pour principal intérêt le dynamisme, l’originalité et le graphisme de la mise en scène des différentes morts des personnages. Ellis va très loin dans l’effroyable, le but n’étant pas de suggérer subtilement, mais d’exposer crûment l’enchaînement des massacres. Les acteurs sont placés au rang de décors, le personnage principal devant la mort elle-même. Nous rentrons dans le piège macabre du réalisateur, à savoir se soucier moins des personnages que des circonstances de leur décès (éventrés, empalés, carbonisés, écrasés, découpés, etc). Les images, d’une violence extrême, sont accompagnées d’un humour noir et d’une dérision voulue, faisant de Final Destination 2 un moment à la fois burlesque et effrayant. Discutable.
EMPIRE/DUNES/
SODECO/GALAXY
Ciné-clubs
• Ciné-club de l’Iesav
Est annoncé, pour la séance du 19 courant, un Faust d’origine inconnue (rien à voir avec le classique de Murnau!), film sur lequel aucune documentation n’est disponible.
Théâtre Béryte (USJ), lundi 19, à 19h30
• Ciné-club de l’École supérieure des affaires
Suite du cycle «Frissons et soupçons»: Suspicion, film américain d’Alfred Hitchcock (1941), avec Cary Grant, Joan Fontaine, Cedric Hardwicke, Dame May Whitty et Nigel Bruce (titre français: Soupçons – durée: 1h40). Relativement moins connu, rarement diffusé, ce n’en est pas moins un bon Hitchcock! Joan et Cary se rencontrent (dans un train!), se plaisent et ne tardent pas à se marier. Très vite, le doute va s’insinuer dans le couple et ce sera, chez la jeune femme, l’inquiétude, l’angoisse, enfin la peur... Le thème hitchcockien de la montée du suspense, servi par des acteurs aussi élégants qu’efficaces. De quoi se délecter...
Esa, rue Clemenceau, mardi 20, à 20h30
• Ciné-club du Centre culturel français
Suite du cycle Maurice Pialat: À nos amours, un film réalisé en 1983, avec Sandrine Bonnaire, Dominique Besnehard et l’auteur (durée: 1h42). Cette fois, Pialat s’occupait de la jeunesse. Suzanne, adolescente de 16 ans, s’éveille à la sexualité et passe d’un garçon à l’autre. Par ailleurs, sa famille se désagrège (un thème récurrent chez le cinéaste). La «leçon» (?) du film est tirée par le père de Suzanne: «Tu ne pourras jamais aimer»... Encore un film implacable... et remarquable.
Salle Montaigne, mercredi 21, à 19h15
• Ciné-club de l’Alba
Das experiment, film allemand d’Oliver Hirschbiegel (2002), avec Moritz Bleibtreu (durée: 2h). Une curieuse expérience (authentique?) menée, en 71, dans une prison allemande. Des bénévoles prennent la place des détenus et des gardiens, puis échangent leurs rôles... La violence sera au programme. Pour le moins inattendu!
Alba, ce soir même, vendredi 16, à 19h.
L’Actualité
• Tom Cruise, toujours superstar, déjà un adepte du fantastique (rappelez-vous son rôle ambigu dans Interview With the Vampire, de Neil Jordan, en 94), se tourne vers la science-fiction, après le succès du Minority Report de Spielberg. L’acteur s’intéresse, en tant que producteur et vedette, au célèbre roman d’Aldous Huxley, Le meilleur des mondes. Hollywood devrait suivre...
• Changement de genre pour, aussi, Gérard Depardieu. Il a envie d’incarner le populaire commissaire San-Antonio, créé par Frédéric Dard. Encore faut-il que le plantureux comédien perde pas mal de kilos: on imagine mal un San-Antonio obèse! Maximum exigé: 90 kgs. C’est déjà pas mal...
• Sauf imprévu, le Français Mathieu Kassovitz doit se trouver à Hollywood pour y tourner un polar «surnaturel», intitulé Gothica, avec Halle Berry et Penelope Cruz. Signalons que le film (français) de Kassovitz, Les rivières pourpres (vu au Liban), avait obtenu un certain succès aux États-Unis.
• On sait que John Travolta était assez nettement en baisse ces derniers temps. Mais qu’est-il advenu du film qu’il vient de tourner, sous la direction de John Mc Tiernan, avec Samuel L. Jackson comme partenaire, Basic? Dans ce film, basé sur les apparences et les manipulations, Travolta et Jackson se retrouvent neuf ans après le Pulp Fiction de Tarentino, dont on n’a pas oublié le succès. Quant à Mc Tiernan, c’est un réalisateur spécialiste de l’action: voir Die Hard. Mais quand va sortir Basic? et le verra-t-on au Liban?
• Procès de scénario, à New York. Il s’agit du film Bringing Down the House, qu’on devrait voir bientôt chez nous. Une avocate prétend avoir écrit, il y a plusieurs années, un script analogue et réclame 15 millions de dollars de dédommagements. Queen (Chicago) Latifah, entre autres, pourrait casquer: elle est coproductrice de Bringing Down the House. Et le film a marché...
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026