L’euro a atteint un nouveau record historique de hausse face au dollar hier (à 1,1933 $) puis s’est replié au-dessous du seuil de 1,19 $ sur des prises de bénéfices, après la publication d’indicateurs économiques US meilleurs que prévu. À cet égard, les opérateurs ont été rassurés par la nouvelle hausse de l’indice de confiance des consommateurs aux États-Unis de 81 points en avril à 83,8 pts en mai, laissant présager une reprise conjoncturelle dans la mesure où les dépenses de consommation dans ce pays représentent les deux tiers de son PIB. Cette perspective a été renforcée après l’annonce par le département US du Commerce que les ventes de logements neufs ont progressé de 1,7 % en avril contre 8,2 % en mars, à un moment où on venait d’apprendre que les reventes de logements ont augmenté aussi de 5,6 % contre une baisse de 5,6 % pendant la même période. Dans ce contexte, nombre d’opérateurs ont estimé devoir prendre leurs gains sur l’euro après les plus hauts historiques qu’il avait atteints face au billet vert, ont indiqué les cambistes. Plus tôt dans la matinée, le sentiment du marché était que le dollar allait repartir à la baisse, alors que des représentants européens avaient à nouveau vanté les mérites d’un euro fort. Le vice-président de la BCE, Lucas Papademos, s’était dit satisfait, lundi soir, du cours actuel de l’euro, jugeant qu’il reflétait mieux les fondamentaux économiques de part et d’autre de l’Atlantique. En outre, la Commission européenne avait réitéré son soutien à un euro fort, déclarant qu’un « euro fort et stable est dans l’intérêt de la zone euro et de l’économie mondiale ». Il en est de même du porte-parole du ministère allemand des Finances qui avait affirmé ne voir aucune raison de s’inquiéter du niveau actuel de l’euro. « L’Allemagne reste compétitive », a-t-il dit, soulignant que le récent mouvement du marché des changes « corrige la dépréciation des années 1999-2001 ». Mais après la publication de statistiques US, laissant entrevoir une reprise conjoncturelle, le dollar ne tardait pas à recouvrer tout le terrain qu’il avait cédé dans la matinée, se négociant à New York à 1,1825 pour un euro contre 1,1875 la veille à Francfort, à 1,6385 pour un sterling contre 1,6430, à 1,2875 FS contre 1,2870 et à 117,30 yens contre 116,80. En Bourse, les marchés US étaient en forte hausse après une ouverture faible. Ils ont été dopés par les statistiques économiques encourageantes, laissant espérer de meilleurs résultats de sociétés. En clôture, Wall Street a gagné 2,09 % à 8 781,35 points et le Nasdaq 3,76 % à 1 556,69 points. Les Bourses européennes ont également fini in extremis dans le vert grâce au redressement des marchés US, après avoir passé la journée dans le rouge, en raison de la hausse de l’euro. Finalement, l’Extra Dax s’est adjugé en hausse de 1,6 % à 2 873,60 points, le CAC 40 de 0,37 % à 2 896,29 points et le Footsie de 0,32 % à 3 992,40 points. À Beyrouth, le dollar avait achevé la journée dans le calme et la stabilité, dans un marché équilibré de lui-même. Il a continué à être invariablement fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié entre 1 513,50 et 1 514 LL, après que la BDL eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501 et 1 514 LL. À la Bourse de Beyrouth, la tendance était partagée entre la hausse de 13 361 actions C de la Byblos Bank de 1 19/32 à 1 24/32 $ et la baisse de 8 136 cert. GDR de la Blom Bank de 19 1/2 à 19 $, alors que 13 550 actions A et 1 000 actions B de Solidere se maintenaient à 4 7/8 $.
Élie KAHWAGI

