Elle a devancé la Russe Anastasia Ermakova, deuxième, et l’Espagnole Gemma Mengual, troisième. Cette dernière a apporté à son pays le deuxième podium dans cette spécialité après l’argent dans le combiné de mercredi. Parmi les autres favorites, la Japonaise Miya Tachibana s’est classée quatrième et l’Américaine Anna Kozlova, cinquième.
Dedieu, deuxième Française sacrée mondialement après Roxana Maracineanu sur 200 m dos en 1998 à Perth, a touché la perfection. Huit juges, dont la Japonaise et le Canadien qui défendaient pourtant une potentielle médaillée, lui ont accordé la note de dix. Seules la Colombienne et l’Égyptienne ont fait la fine bouche et ne lui ont donné « que » 9,9 en technique. En neuvième position dans l’ordre de passage, Dedieu savait déjà que sa principale adversaire, la Russe Ermakova, ne l’avait pas mise en danger. Elle avait réussi sa chorégraphie, mais sa notation ne pouvait pas lui permettre de gagner l’or à condition qu’elle assure sa prestation. Celle qui lui avait déjà valu neuf fois 9,9 en préliminaires et un 10 de la juge française.
Larme
Mais pendant les trois minutes de son programme inspiré de Camille Claudel, Virginie Dedieu a été au-delà de ses précédentes apparitions. Comme elle se l’était promis, elle a accentué les expressions, est allée plus loin dans les extrémités. Elle a joué avec la musique de Pierre Alexandre Matti et le requiem de Mozart, et a envoûté le public. À sa sortie de l’eau, elle a reçu un véritable triomphe de la part des spectateurs, des nombreux Français qui avaient fait le déplacement comme des Espagnols venus soutenir leur favorite Gemma Mengual. De plus, en apercevant les notes, elle a su tout de suite qu’elle allait monter sur la plus haute marche du podium. Les trois dernières nageuses sont d’ailleurs restées assez loin d’elle. Gemma Mengual a égalé la note de la Russe en finale mais n’a pu grimper une marche supplémentaire. La Japonaise, son autre rivale, a conservé sa quatrième position en dépit de qualités artistiques indéniables, mais inférieures à celles des Dedieu, dont Ermakova reconnaissait dès lundi la supériorité.
C’est donc rayonnante de bonheur que Dedieu, qui avait déjà été deux fois vice-championne du monde en solo et 3e en duo avec Myriam Glez, est montée sur la première marche du podium. Mais elle n’a pu empêcher une petite larme de couler lorsque retentissait sur les hauteurs de Barcelone la première Marseillaise. Peut-être, probablement, la seule.

