C’est dans l’appartement d’Amal Traboulsi, situé à Naccache, qu’a lieu, jusqu’au 9 juillet, le « vide-grenier » de la brocante Sana Tawil, des boutiques l’Envers du décor, Artishow et de l’exposition « Les artistes s’amusent » qui se tenait traditionnellement dans la galerie Épreuves d’artistes.
Ces boutiques ont fermé au cours de ces derniers mois pour cause, selon Amal Traboulsi, du manque d’intérêt pour l’art contemporain et du design de la part des Libanais. « C’est dire combien le pays s’intéresse à l’art et au design », dit-elle d’un ton ironique. Elle met donc en vente, dans son vaste jardin fleuri, tous les invendus des galeries et autres expositions : bijoux inspirés du folklore africain, porte-clés et encensoir en aluminium, mais aussi des objets des plus insolites (tables aux pieds chaussés, coussins gonflables, aquarium au design contemporain) aux plus traditionnels (table basse en osier, tables et chaises de jardin, nappes brodées, rideaux en soie blanche...).
Sara Badr, une des gérantes de la boutique Artishow, explique que « le but de ce déstockage est de montrer qu’Artishow est un esprit et non un lieu. On fait exister l’âme de cet endroit dans un lieu différent. On veut montrer que cela peut rester une initiative dynamique avec le même fil conducteur ».
Joheina Dib, professeur à l’USJ, est venue encourager cette initiative au profit de l’éthique artistique : « Quand on perd le sens d’aller acheter des objets originaux, on perd le sens des choses subtiles de la beauté. On est dans notre quotidien, bousculé par nos problèmes. Ce qui est dommage, car les Libanais ont toujours eu le sens de l’esthétique . » Puis elle ajoute : « C’est triste mais en même temps c’est une nouvelle manière de faire, c’est très chouette... non ? Les artistes cherchent toutes les pistes pour aller vers les gens. »
Le « vide-grenier » est en effet une pratique venue des États-Unis, que l’on appelle « Garage-Sale » et qui sera bientôt une manière très répandue de faire du commerce au Liban.

