Les participants appellent « les régimes arabes à lever les lois d’urgence qui assiègent les libertés publiques, dont la liberté d’opinion, de conscience et de création ». Ils estiment qu’il est « nécessaire de moderniser les systèmes politiques, pour en faire des systèmes constitutionnels modernes, ce qui accorderait aux peuples arabes le droit d’accepter, de refuser, de prendre des initiatives et de surveiller » les gouvernants.
Les intellectuels demandent également une « réforme des systèmes scolaires et universitaires » et l’adoption de « projets éducatifs qui préservent l’unité nationale tout en reconnaissant les composantes non arabes (de la population) et leur culture ».
Les participants au congrès se déclarent « convaincus qu’il est nécessaire de parvenir à des conditions sociales et culturelles qui pourraient générer un discours religieux évolué et ouvert sur le siècle, dépassant les discours religieux marqués par la bigoterie ou la stagnation, qui ont porté atteinte à l’islam, aux Arabes et aux musulmans ».
Ils estiment que les régimes arabes doivent « adopter une attitude de neutralité dans le conflit des idées, sans utilisation religieuse de la politique ou utilisation politique de la religion ». Les participants lancent enfin un appel à « tous les intellectuels arabes à sortir du silence et de l’attente afin de défier l’oppression et la marginalisation », et critiquent « les régimes oppressifs qui ont épuisé la société en épuisant sa culture et en pourchassant les intellectuels ».
Sous le thème « Vers un discours culturel nouveau », le congrès s’était ouvert mardi avec la présence notamment du poète syrien Adonis, de l’écrivain soudanais Tayeb Saleh, du critique marocain Mohammed Barrada, du chercheur palestinien Hicham Charabi et de l’économiste égyptien Samir Amine.

