La palme revient bien sûr aux deux finalistes, la France et le Cameroun, les deux cancres du Mondial 2002 qui ont confirmé grâce à cette épreuve que le faux pas asiatique n’était qu’un simple accident.
Dans un groupe plus abordable, la France a su faire tourner son effectif en étant la seule sélection à donner du temps de jeu à ses 23 sélectionnés. Avec onze buts marqués en quatre rencontres (sans compter la finale d’hier), les champions d’Europe présentent ainsi une moyenne de 2,75 buts par match, supérieure à la moyenne générale du tournoi de 2,40 buts (36 buts en 15 matches).
Le Cameroun, qui présentait un groupe rajeuni, a évolué dans un registre totalement différent en faisant preuve d’une grande rigueur défensive.
Réalisme
Avant la finale, les champions olympiques étaient ainsi la seule équipe à ne pas avoir encaissé le moindre but tout en n’en marquant que trois en quatre matches. Du réalisme inhabituel pour une équipe africaine avide de reprendre le leadership de sa confédération au Sénégal.
Satisfaction également avec la Turquie, une nouvelle fois troisième d’un tournoi officiel en n’alignant pourtant que sept joueurs présents au dernier Mondial, ce qui illustre parfaitement la richesse du réservoir d’un pays dont il faudra se méfier au prochain Euro.
Le Japon, dont le jeu a séduit le président de la Fédération internationale (Fifa), Joseph Blatter, paie au prix fort une certaine naïveté de son arrière-garde alors que ses attaquants et son milieu de terrain n’ont rien à envier aux meilleures équipes mondiales. Dans ce tableau d’honneur, on peut également ajouter la Colombie, annoncée comme un champion d’Amérique du Sud au rabais et qui termine finalement à la 4e place. Sans tenir compte de la solide charnière centrale Yepes-Cordoba, plusieurs joueurs évoluant encore au pays, comme le meneur Giovani Hernandez, ont suscité la convoitise de bien des observateurs.
En revanche, à l’image de son meneur Ronaldinho, quittant le tournoi sur un carton rouge, le Brésil n’a pour une fois pas été à la hauteur de sa réputation même si son match contre la Turquie (2-2) a sans doute constitué le meilleur match de la coupe avec la demi-finale France-Turquie (3-2).
Les États-Unis, quant à eux, étaient venus pour roder un nouveau groupe dans l’optique des qualifications du Mondial 2006 alors que la Nouvelle-Zélande a pu mesurer le chemin qu’il lui restait pour être aussi compétitive que ses compatriotes du rugby. La mort accidentelle de Marc-Vivien Foé, lors de la demi-finale Cameroun-Colombie (1-0), est naturellement venue relativiser toutes les considérations sportives d’un tournoi qui s’était pourtant offert un final alléchant.

