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COLOMBIE L’exécution, par les Farc, d’une ex-reine de beauté traumatise le pays

Le meurtre d’une ex-Miss Colombie et de son mari six mois après leur enlèvement par la guérilla a laissé en état de choc le pays andin, où les reines de beauté sont de loin plus populaires que les politiques.
Les cadavres criblés de balles de Doris Gil, élue Miss Colombie en 1957, et de son mari d’origine allemande, Helmut Bickembach, ont été retrouvés ce mardi près de Villeta, à 60 km à l’ouest de Bogota, par un détachement de l’armée. L’annonce de leur exécution, attribuée par les autorités à leurs ravisseurs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), n’a cessé d’être commentée depuis sur les radios par les auditeurs, stupéfaits devant la sanglante disparition d’une de leurs anciennes idoles, mais aussi par le pouvoir. Le président colombien, Alvaro Uribe, a dénoncé devant les télévisions la « traîtrise » de ces assassinats et rappelé sa volonté de « mettre en déroute le terrorisme ». « Il s’agit d’un acte lâche qui frappe la société colombienne », a déclaré de son côté la ministre de la Défense, Martha Lucia Ramirez. L’avocat général de la nation, Luis Camilo Osorio, a qualifié ces meurtres de « crimes abominables » et mis en cause « l’acharnement et la folie de la guérilla des Farc ». Yolando Pulecio, mère d’Ingrid Betancourt, otage des Farc depuis 16 mois, a rappelé, après avoir déploré ces morts, la nécessité de « trouver une issue au drame des séquestrés ».
Une polémique a commencé à se faire jour sur les conditions dans lesquelles avaient été exécutés les deux otages, enlevés le 26 décembre près de leur maison de campagne. Le commandant de l’armée de terre, le général Carlos Ospina, a été ainsi amené à démentir que ses hommes aient tenté une opération de sauvetage du couple. « Mes hommes ont essuyé les tirs de bandits, et quand ils sont arrivés sur place, ils ont découvert les deux cadavres », a-t-il assuré.
Doris Gil était une icône pour nombre de Colombiens. 1957 avait été le plus grand « cru » des reines de beauté dans ce pays. Quatre mois après son élection comme Miss Colombie, elle avait renoncé à sa couronne pour épouser Helmut Bickembach. Sa remplaçante, Luz Marina Zuluaga, avait alors remporté le titre de Miss Univers. Chaque année, à partir de septembre, la Colombie ne vit plus que pour le « royaume » de la beauté, le « reinato », jusqu’à l’élection de sa Miss nationale fin novembre. Les candidates des 32 départements sont alors rassemblées dans la cité balnéaire de Cartagena de Indias, sur la côte caraïbe, à 1 000 km au nord de Bogota, et passent sous le feu des projecteurs sans relâche. Plus aucune d’entre elles n’aura de secret pour les 44 millions de Colombiens rivés à leurs téléviseurs, chacun sûr de son pronostic.
Pas un seul des hommes politiques, déconsidérés dans le pays en raison du haut degré de corruption, ne bénéficie d’un tel enthousiasme. Les élues ne retombent jamais dans l’anonymat. Elles deviennent mannequins, présentatrices de télévision, ou relations publiques, quand elles ne sont pas courtisées, comme dans les années 1980, par les caïds de la drogue.
Le meurtre d’une ex-Miss Colombie et de son mari six mois après leur enlèvement par la guérilla a laissé en état de choc le pays andin, où les reines de beauté sont de loin plus populaires que les politiques.Les cadavres criblés de balles de Doris Gil, élue Miss Colombie en 1957, et de son mari d’origine allemande, Helmut Bickembach, ont été retrouvés ce mardi près de Villeta, à 60 km à l’ouest de Bogota, par un détachement de l’armée. L’annonce de leur exécution, attribuée par les autorités à leurs ravisseurs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), n’a cessé d’être commentée depuis sur les radios par les auditeurs, stupéfaits devant la sanglante disparition d’une de leurs anciennes idoles, mais aussi par le pouvoir. Le président colombien, Alvaro Uribe, a dénoncé devant les...