« Cette popularité me tombe dessus. Je prends, cela fait plaisir d’entendre un stade scander son nom. On en rêve quand on est petit », sourit Thierry Henry.
« Mais je ne sais pas pourquoi cela a pris une telle ampleur. Cela me surprend. Car je n’en fais pas plus que d’habitude. Pour moi, depuis l’Euro 2000 et ma première saison à Arsenal, je savais que j’étais quelqu’un d’important pour la sélection. »
Henry reconnaît aussi avoir été « gêné », vendredi contre le Japon (2-1), quand le public de Saint-Étienne s’est mis à scander son nom alors qu’il se trouvait sur le banc des remplaçants.
« J’ai été gêné par rapport à mes potes, explique-t-il. Moi, cela m’est arrivé une fois une situation comme ça, contre le Paraguay en Coupe du monde à Lens. Quand j’ai tiré sur le poteau, le public lensois a commencé à réclamer Vairelles, alors qu’il n’était pas dans le groupe. Quand on est sur le terrain, on ne peut pas dire que ça fait plaisir. »
Régularité
Désormais, c’est lui que le public français réclame en l’absence de Zinedine Zidane. Lundi, la « Henrymania » a fait la une des journaux français L’Équipe et du Parisien/Aujourd’hui en France. À 25 ans, l’attaquant d’Arsenal va fêter contre la Turquie, demain en demi-finale de la Coupe des confédérations, sa 50e sélection (pour 20 buts marqués, dont 8 pour la seule saison en cours).
L’occasion pour lui de revenir sur ses 49 matchs internationaux depuis ses premières foulées en Bleu, le 11 octobre 1997 contre l’Afrique du Sud (2-1). « Si je regarde mes matchs d’il y a 6 ans, quand j’avais 20 ans, ce ne sont pas les mêmes matchs. Aujourd’hui, j’essaie de ne pas jouer toujours à fond, et de jouer avec les autres. Je travaille la régularité. Et je ne fais pas de fixation sur le fait de marquer ou non », assure-t-il, se reconnaissant tout de même toujours une faiblesse au niveau du jeu de tête.
L’ancien Monégasque, marqué par ses six mois difficiles sous le maillot de la Juventus Turin, en 1999, sait ce qu’il doit à Arsenal et à l’Angleterre. « Quand vous jouez en Angleterre, vous pouvez être le meilleur footballeur du monde, il faut d’abord s’imposer physiquement. Ces trois dernières années, j’ai pas mal progressé dos au but. » L’Angleterre, il s’y sent bien, très bien même. La preuve ? Après avoir prolongé jusqu’en 2007 son contrat avec le club londonien, avec qui il rêve de remporter la Ligue des champions, il épousera, en juillet, Nicole, un mannequin anglais.

