Après les victoires, dans la douleur, face à une hargneuse Colombie (1-0, penalty d’Henry), mercredi à Lyon, puis devant une remuante formation japonaise (2-1, penalty de Pires et but de Govou) vendredi à Saint-Étienne, les Bleus ont tranquillement assuré dimanche au Stade de France face à une faible Nouvelle-Zélande (5-0). « C’est ce bilan qui est important, analyse Robert Pires. Nous ne sommes pas là en touristes. On a un challenge à relever ». « On a assuré. Maintenant, on a quatre jours pour voir une équipe de France conquérante », ajoute le capitaine Marcel Desailly.
Disparité de forme
« On est conscients que l’on est pas au “top” par rapport à ce qu’on pourrait faire. Il faut être indulgent et patient avec nous », continue Pires, qui s’attendait à des débuts chaotiques du fait d’une évidente disparité de forme entre les joueurs.
Mais, contrairement aux autres sélectionneurs, Santini s’est offert le « luxe » de faire participer ses 23 joueurs, afin de ne pas trop solliciter les titulaires dans le rythme infernal imposé par le 1er tour de la compétition (3 rencontres en 5 jours). Avec une demi-finale à disputer jeudi, au Stade de France, face au Brésil, la Turquie ou le Cameroun, le temps de récupération va cette fois-ci être plus long.
« Les joueurs vont monter en puissance, mais il y aura des limites. Quatre jours, c’est trop court pour être extrêmement performant », note toutefois le docteur des Bleus, Jean-Marcel Ferret. « Plus ça va aller, plus on va retrouver le rythme », répond Thierry Henry, signe, une fois encore, que les Bleus ont fait fi de leurs réticences initiales pour se lancer à fond dans la défense d’un titre remporté en 2001.
C’est d’ailleurs l’attaquant d’Arsenal qui symbolise parfaitement la soif de conquête des Bleus. Zidane resté avec le Real, « Titi », meilleur joueur contre les Colombiens et les Néo-Zélandais, est devenu la nouvelle idole des supporteurs. Un an après un Mondial 2002 cauchemardesque pour lui, il savoure sa revanche.
Intégration réussie
Mais les satisfactions ne s’arrêtent pas au seul Henry. Dans une équipe privée de cinq cadres (Zidane, Makelele, Trezeguet, Vieira et Petit), Santini souhaitait impliquer et, surtout, intégrer au mieux les plus jeunes.
Sur ce terrain, tout s’est bien passé à l’image de Philippe Mexès, associé deux fois à Desailly en charnière centrale. « On a plein de petites choses à régler, mais on est bien », note ainsi le capitaine à propos de l’Auxerrois, ajoutant qu’ »avec Gallas, qui est un peu plus confirmé, Mexès et Boumsong qui sont capables », la France avait de la réserve en défense centrale.
Au milieu, Pedretti et, plus encore, Dacourt, ont confirmé leurs excellentes dispositions, tandis que Kapo, après un premier match raté, s’est rattrapé face à la Nouvelle-Zélande, au diapason d’un Giuly buteur et passeur décisif. Enfin en attaque, Govou s’est battu face aux Nippons, tandis que Cissé se crée beaucoup d’occasions mais a tendance à jouer un peu trop seul.
Santini a ainsi pu recueillir de précieuses indications. Tout d’abord en vue de l’Euro 2004, où les places seront décidément très chères. Mais aussi, en se projetant implicitement vers les qualifications au Mondial 2006 qu’il faudra rapidement attaquer sans plusieurs « glorieux anciens » (Desailly, Lizarazu) dont le départ est déjà programmé.

