Le jeune Français désirait être à l’arrivée, dans les points, pas trop loin de ses deux équipiers, les expérimentés Colin McRae et Carlos Sainz. En terminant troisième derrière l’intouchable Petter Solberg, vainqueur pour la deuxième fois de sa carrière, et Harri Rovanpera (Peugeot 206), Loeb a fait mieux.
Et encore, il aurait pu gagner une place. À l’arrivée, deux secondes huit dixièmes seulement le séparaient du Finlandais de Peugeot handicapé par une transmission avant gauche cassée lors des trois dernières spéciales. « C’est vrai, pour l’équipe j’aurais aimé être trois secondes plus rapide. Mais... on fera mieux la prochaine fois », lâchait le Français.
À Chypre, Sébastien Loeb découvrait l’épreuve, son terrain spécifique, cassant, lent. Sa formidable faculté d’adaptation permettait néanmoins au néophyte de se hisser aux avant-postes.
« Nous sommes moins rapides que les Subaru ou les Peugeot. Mais la Xsara est d’une fiabilité à toute épreuve. Et puis, ici, l’expérience ne compte pas autant que sur des rallyes rapides comme la Finlande ou la Nouvelle-Zélande. C’est vrai cependant, je suis heureux de n’avoir pas commis une seule erreur », notait l’Alsacien.
Terrain préféré des Xsara
Comme un an plus tôt au Kenya, les Citroën évitaient tous les écueils, les pièges de la chaleur, des pierres, se déjouaient d’une épreuve hécatombe. Huit des quinze voitures d’usine contraintes à l’abandon, dix-sept seulement des cinquante et un équipages au départ vendredi présents à l’arrivée trois jours plus tard, il fallait que les Xsara soient solides pour être toutes au rendez-vous, Loeb devançant les anciens Colin McRae et Carlos Sainz au classement.
Cinquième au championnat du monde derrière Burns, Sainz, Gronholm et Solberg, il était inévitable que la question soit posée au Français. « Le titre est-il possible dès cette année ? ». Jusque-là, Loeb n’avait jamais caché qu’il voulait consacrer cette saison à l’apprentissage, trop de terrains lui étant encore inconnus. « Jouer le titre sera pour 2004 », avait pour habitude de répondre Loeb.
Mais en négociant la mi-saison en bonne position, avec la perspective d’épreuves plus favorables, et notamment quatre épreuves sur asphalte (Allemagne, San Remo, Corse et Catalogne), terrain préféré des Xsara, Sébastien Loeb se dit pourquoi pas... « Il est trop tôt pour savoir si je peux jouer le titre. Mais avec les épreuves qui nous attendent sur l’asphalte, tout est possible », admettait en effet le Français.

