Les deux rivaux se sont imposés lors de leur première sortie, mais leurs adversaires n’évoluaient pas au même niveau, et il serait prématuré de tirer des conclusions hâtives au vu de leurs performances respectives.
Le Japon a su se rassurer devant une faible formation néo-zélandaise (3-0), venue en France pour apprendre. Le nouveau patron de la sélection asiatique, le Brésilien Zico, qui restait sur une seule victoire en sept matches de préparation, a pu pousser un « ouf » de soulagement.
L’importance de cette victoire est d’ailleurs illustrée par le fait qu’il n’a procédé à aucun changement dans son onze titulaire, déjà privé de quelques vedettes comme Ono, ce qu’il risque de payer cher contre les Bleus en raison du caractère rapproché des rencontres.
Solidaire
Pour cette raison, Jacques Santini, également confronté à l’absence de plusieurs cadres et à un décalage assez sensible dans l’état de fraîcheur de ses troupes, avait décidé d’aligner une équipe mixte contre la Colombie, avec cinq joueurs évoluant en L1.
Sans s’attarder sur certaines déceptions individuelles, notamment celle de Kapo, le sélectionneur français s’est félicité de voir que son équipe avait été en mesure de se montrer « très solidaire », surtout en fin de match « où il nous manquait un peu de force ».
En fait, la grande satisfaction de Santini, qui faisait lui aussi ses débuts dans un tournoi officiel, a été d’enregistrer « une progression collective à travers ces jeunes joueurs », qui ont su gagner (1-0) un match qu’il était facile de perdre.
Les joueurs colombiens venaient juste de terminer leur championnat et, plus au point physiquement, ils ont fait admirer leur toucher de balle et leur jeu dans le petit périmètre. Un jeu malheureusement aussi esthétique qu’inefficace car les Sud-Américains ont aligné, à Gerland, leur sixième match sans marquer le moindre but (deux défaites 1-0 et quatre nuls 0-0).
Pourtant, notamment sur le tacle rageur de Thierry Henry sur Ivan Cordoba, ce match a longtemps rappelé un certain France-Uruguay (0-0) du Mondial 2002. Là aussi, la fraîcheur n’était pas au rendez-vous, mais cette fois les Bleus ont su trouver les ressources morales pour s’imposer. Et, paradoxalement, c’est ce tacle qui a enflammé un match qu’il ne fallait pas perdre.
Coupe étalon
Contre le Japon, Jacques Santini va pouvoir continuer à faire tourner son effectif, « tous les joueurs devant disputer au moins un des trois matches de poule ».
Cela devrait permettre de voir à l’œuvre une nouvelle charnière défensive Gallas-Boumsong – qui ne dépareillera pas sur le plan athlétique –, un nouveau milieu avec sans doute Pires, associé à Dabo, dans un rôle de récupérateur, et Rothen et Giuly dans les couloirs, Govou et Marlet étant chargés de conclure.
Évoquant cette large intégration de sang neuf chez les Bleus, le capitaine Marcel Desailly, qui a fêté sa 105e sélection mercredi, se félicitait de cette richesse, estimant qu’il « y a des joueurs de qualité et il faut en profiter ». À l’image de son entente avec un excellent Philippe Mexès, il constate juste « qu’il faut plus se parler sur le terrain car on a tendance à se regarder ».
De toute façon, les Colombiens ont su rappeler à ceux qui considéraient la Coupe des confédérations comme un tournoi dévalué que les présumés « petites » nations prenaient très au sérieux une compétition permettant de s’étalonner avec les deux derniers champions du monde.


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