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Actualités

À noter: au CCF (salle Montaigne), le lundi 23, projection du film de François Truffaut, «Jules et Jim». Du 24 au 27, quatre films allemands récents (v.o., s/s titrés en arabe) sur l’Allemagne d’aujourd’hui.
Cette semaine, sur nos écrans, sortie d’un film américain qui ne manque pas d’audace: «Secretary» («La secrétaire»), réalisé par Steven Shainberg. Autre nouveauté: «Agent Cody Banks», de Harald Zwart, un divertissement destiné aux jeunes. Pour la programmation (jusqu’au 25 courant) de la Fête du cinéma, prière téléphoner aux cinémas concernés: Concorde, Abraj et Zouk.

Sorties prévues pour le jeudi 26/6 (sous réserve)
– To Kill a King, de Mike Barker, avec Tim Roth, Olivia Williams, Rupert Everett.
– The Core, de Jon Amiel, avec Aaron Eckhart et Bruce Greenwood.
– The Foreigner, de Michael Oblowitz, avec Steven Seagal.

Secrétaire à tout faire

Secretary,
de Steven Shainberg

Inattendu, osé, dérangeant. Le film de Steven Shainberg, réalisateur jusqu’ici à peu près inconnu, laisse perplexe. Il y a d’abord le fait qu’il puisse être projeté chez nous (avec vraiment un strict minimum de mini-coupures: vous pourrez vérifier, la durée annoncée du film est de 1h44), cette remarque n’ayant certes rien d’un reproche, bien au contraire [1]. Sur un sujet qui pouvait générer les pires complaisances, Shainberg a pratiqué un jeu d’équilibre assez subtil qui dénote un metteur en scène de talent.
Les personnages. Lee, jeune femme à la personnalité indécise, sort d’un hôpital psychiatrique. Sa spécialité: l’automutilation (elle ne se sépare jamais d’une trousse contenant le nécessaire ad hoc). Mal à l’aise dans le cercle familial – en effet étouffant – Lee cherche un job. Elle ne tarde pas à en trouver un: secrétaire chez Me Grey, avocat encore jeune et pas mal de sa personne. Au début, les choses se passent à peu près normalement.
Mais la relation employeur/employée ne va pas tarder à évoluer – de la plus étrange manière. Sous un prétexte visiblement recherché, Grey administre à sa secrétaire une fessée retentissante. Du coup – ou des coups! – Lee arrête de s’automutiler. Bientôt, l’avocat va pousser de plus en plus loin ses pratiques sadomaso, révélant ainsi sa nature, profonde et refoulée, d’être complexé aux pulsions déviantes. La satisfaction évidente de Lee va permettre à Grey de réaliser ses fantasmes les plus secrets (je vous fais grâce des détails!). C’est ici que pointe le risque de rupture d’équilibre de tout le film: va-t-il verser dans le roman «sentimental» épicé d’un érotisme à la Playboy?
Non, car il y a amour réel entre cet homme et cette femme qui vont, en quelque sorte, compléter – en toute liberté – leurs difficultés à vivre un bonheur chèrement assumé. Pour la suite de leur relation, on ne peut bien sûr que formuler des hypothèses (et, pourquoi pas, des vœux!)... La réussite, malgré tout ambiguë, de Secretary tient à deux facteurs également décisifs. La fluidité de la mise en scène, qui cerne constamment visages (les regards!), objets et comportements, en évitant tout effet inutile. Et la qualité, surprenante, des interprètes: Maggie Gullenhaal et surtout James Spader correspondent exactement à ce qu’ils doivent être. Citons ici, pour terminer, un commentaire du cinéaste, Steven Shainberg: «On est tellement coincé, en Amérique, arrivé à un tel niveau d’absurdité (...). Peu de films américains font preuve d’honnêteté, et même de substance. Notre cinéma est incroyablement superficiel (...). Il faudrait juste investir dans des choses plus... complexes. Adultes. C’est pourquoi je déménage en France!» (extrait d’une interview à la revue Première). Secretary a obtenu le Prix spécial du jury, au «Sundance Film Festival» de Robert Redford.
[1]: étant bien compris que le film n’est pas «visible pour tous»!

KASLIK, EMPIRE/
DUNES/SOFIL

Bond ado

Agent Cody Banks,
de Harald Zwart

Pour commencer, hâtons-nous d’apporter une précision particulière: Agent Cody Banks est essentiellement, et même uniquement, destiné aux adolescents.
Le film part du même concept que Spy Kids, à savoir le syndrome «007» chez les ados. Ici, notre jeune Bond est interprété par Frantie Muniz (connu dans la série télé Malcolm in the Middle). Sa mission secrète: se rapprocher de Natalie et de son père, lequel travaille au service d’un clan prêt à tout pour dominer le monde. Si Cody maîtrise incontestablement l’art du combat et de la planche à roulettes, l’art de la drague n’est pas son fort.
Voilà donc le scénario plutôt simpliste du film. L’équipe a préféré appâter le jeune public en lui présentant les accessoires, les gadgets et la vie du personnage principal. En effet, quel garçon ne rêverait-il pas de posséder une planche à roulettes multifonctionnelle, une voiture de sport dernier cri, des lunettes à rayons X et de travailler au service de la CIA, plus exactement d’une «boss» sexy, moulée dans un costume de cuir? Si les jeunes hommes trouveront leur dose de satisfaction, les filles sortiront de la salle un peu frustrées. Pour ce qui est du charme de l’acteur, outre le bleu de ses yeux... on vous laisse juger.
Si le film reste un film d’ados (avec tout ce que cela implique), il dérange nettement moins que Spy Kids, et c’est déjà pas mal.

Circuit EMPIRE, ESPACE

CARNET
1916 – 2003 Gregory Peck,
un type bien, un grand acteur

Quand on parlait de Gregory Peck, c’était pour évoquer, discuter et le plus souvent aimer les innombrables films qu’il avait tournés (dans les genres les plus différents). Voilà un acteur qui n’aurait pas fait, aujourd’hui, les manchettes des rubriques «people»: Gregory Peck vivait pour un métier qu’il pratiquait avec un professionnalisme brillant, une passion sincère mais discrète. Une carrière superbe, portée par la fidélité fervente de tous les publics.
De tous ses rôles célèbres, ce n’est pas celui de MacArthur (77) qu’on retiendra en priorité, même si Peck avait su faire revivre avec talent la figure du «général rebelle». Savez-vous ce qu’était To Kill a Mocking Bird (de Robert Mulligan) à une époque, en 62, où les films antiracistes n’étaient pas encore «à la mode» à Hollywood? Une œuvre généreuse, dénonçant préjugés et injustices dans le Sud des États-Unis. Incarnant un avocat courageux, Peck fut récompensé par un Oscar amplement mérité. Puisque l’acteur ne peut se séparer de sa filmographie, on va le rapprocher d’abord des maîtres-cinéastes qui l’ont dirigé, ensuite des stars qui furent ses partenaires de choix.
– Alfred Hitchcock: Spellbound (La maison du Dr Edwards – 1945) et The Paradine Case (Le procès Paradine – 1947).
– King Vidor: Duel in The Sun (1947).
– John Huston: Moby Dick (1956).
– Élia Kazan: Gentleman’s Agreement (1948).
– William Wyler: Roman Holiday (1955) et The Big Country (1957).
– Stanley Kramer: On The Beach (1959).
Dans ses bras: Ingrid Bergman (Spellbound) – Jennifer Jones (Duel in The Sun) – Audrey Hepburn (Roman Holiday) – Ava Gardner (On The Beach) – Lauren Bacall (Designing Woman, de Vincente Minnelli – 1957) – Sophia Loren (Arabesque, de Stanley Donen – 1966). Entre autres...
N.B.: le titre français de To Kill a Mocking Bird est Du silence et des ombres. À vos DVD!

Ciné-club

• Ciné-club de l’École supérieure des affaires
Pour terminer la saison, un cycle «Patchwork»(de tout un peu!) qui débute avec: Requiem For a Dream, film américain de Darren Aronofsky (2000), interprété par Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly (durée: 1h42). Est-ce parce qu’il traite le problème de la drogue – avec un réalisme sans complaisance – ce film a fait le tour de nos ciné-clubs. Autant l’avoir vu.
Esa, rue Clemenceau, mardi 24, à 20h30

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
À noter: au CCF (salle Montaigne), le lundi 23, projection du film de François Truffaut, «Jules et Jim». Du 24 au 27, quatre films allemands récents (v.o., s/s titrés en arabe) sur l’Allemagne d’aujourd’hui.Cette semaine, sur nos écrans, sortie d’un film américain qui ne manque pas d’audace: «Secretary» («La secrétaire»), réalisé par Steven Shainberg. Autre nouveauté: «Agent Cody Banks», de Harald Zwart, un divertissement destiné aux jeunes. Pour la programmation (jusqu’au 25 courant) de la Fête du cinéma, prière téléphoner aux cinémas concernés: Concorde, Abraj et Zouk.Sorties prévues pour le jeudi 26/6 (sous réserve)– To Kill a King, de Mike Barker, avec Tim Roth, Olivia Williams, Rupert Everett.– The Core, de Jon Amiel, avec Aaron Eckhart et Bruce Greenwood.– The Foreigner, de Michael...