L’euro s’est replié face au dollar sur des marchés des changes peu sensibles à la relaxe du gouverneur de la Banque de France (BdF), Jean-Claude Trichet, qui va ainsi pouvoir succéder au Néerlandais Wim Duisenberg, à la tête de la Banque centrale européenne (voir par ailleurs). Il a été affecté par l’annonce de l’Office fédéral des statistiques en Allemagne que 9 747 entreprises allemandes ont fait faillite au cours du 1er trimestre 2003, soit 9,4 % de plus qu’à la même période en 2002, vraisemblablement en raison du marasme économique. La désaffection vis-à-vis de l’euro s’est encore renforcée après que la BdF eut annoncé que la France a enregistré un déficit de ses comptes courants de 2,1 mds EUR en avril contre un excédent de 1,5 md EUR en mars, témoignant de l’ampleur des sorties de capitaux dans ce pays. Quant au dollar, il a été soutenu par les indicateurs sur l’économie américaine meilleur que prévu, publiés la veille (hausse de 6,1 % des mises en chantier de logement, de 0,1 % de la production industrielle et stabilité des prix à la consommation en mai), qui devraient pousser la Fed à abaisser son principal taux directeur de seulement un quart de point en pourcentage à 1% au lieu d’un demi-point en pourcentage à 0,75%, mercredi prochain lors de la réunion de son comité de politique monétaire. Cette tendance s’est poursuivie malgré l’annonce dans l’après-midi par Eurostat que la zone euro a enregistré un excédent commercial de 3 mds EUR en avril après 2 mds EUR en mars et que le taux d’inflation dans cette zone est tombé à 1,9 % sur un an en mai contre 2,1 % en avril, passant sous le seuil de 2 % fixé par la BCE, pour la 1re fois depuis juin 2002. Cela étant, le dollar a continué d’être recherché en dépit de l’hésitation de Wall Street à la hausse. Il s’est finalement négocié à New York à 1,1690 pour un euro contre 1,1790 la veille, à 1,6790 pour un sterling contre 1,6835, à 1,3225 FS contre 1,3085 et à 117,80 yens contre 118,10. En Bourse, les marchés américains étaient mitigés hier suite à un avertissement sur résultats de Kodak et à de mauvais résultats trimestriels de Morgan Stanley. Mais le sentiment du secteur de la haute technologie restait positif à la veille de la journée des trois sorcières demain qui désigne l’expiration simultanée en fin de trimestre de contrats à terme et d’option. En clôture, Wall Street a perdu 0,31 % à 9 293,80 points alors que le Nasdaq reprenait, 0,52 % à 1 677,17 points. Quant aux Bourses européennes, elles ont pour la plupart terminé en légère hausse, grâce à la fermeté du dollar qui a redonné plus d’actualité aux placements dans les actions des sociétés exportatrices. Le relèvement par Goldman Sachs de son estimation de bénéfices de Deutsche Telekom a également soutenu le secteur des télécoms. Finalement, L’Extra Dax s’est adjugé en hausse de 0,54 % à 3 304,15 points, le CAC 40 de 0,41 % à 3 213,93 points et le Footsie de 0,4 % à 4 207 points. Sur le marché des changes libanais, c’est toujours le statu quo avec le maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501 LL à l’achat du dollar et 1 514 LL à la vente de cette monnaie. Le billet vert continuait donc à être invariablement fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié entre 1 513,50 et 1 514 LL. À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la hausse de 4000 actions A de Solidere de 4 7/8 à 5 $, de 8 000 actions C de la Byblos Bank de 1 5/8 à 1 11/16 et la stabilité de 750 actions B de Solidere à 5 1/8 $.
Élie KAHWAGI
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