L’équipe de France version Santini, si bien engagée soit-elle dans son groupe qualificatif pour le Portugal (5 victoires en 5 matches), est toujours en quête de repères et de certitudes. Le sentiment d’indestructibilité a coûté cher il y a un an en Asie. Alors, même si cette compétition se dispute sans certaines stars (Ronaldo, Rivaldo, Zidane, Trezeguet, Vieira), les Bleus n’ont guère de questions à se poser et, au contraire, doivent tout faire pour gagner devant leurs supporteurs. Leur premier adversaire, la Colombie, est un genre de casse-tête. Non seulement parce que c’est le premier match, et que chacun s’interroge sur le degré de forme des joueurs (certains reviennent de trois semaines de vacances), mais aussi parce que les équipes sud-américaines n’inspirent guère les Bleus, en témoignent la défaite, à l’automne 2001, contre le Chili (1-2) puis le pénible 0-0 face à l’Uruguay au Mondial 2002.
Pires plus défensif ?
De plus, les champions d’Europe vont devoir jouer toutes leurs rencontres sans Zidane, laissé à disposition du Real Madrid. « Quand il n’est pas là, on reprend notre ligne de quatre habituelle au milieu. Cela sera l’occasion pour les joueurs créateurs de voir à quel niveau ils se situent », répond le sélectionneur français Jacques Santini, qui va également tester les néophytes Kapo, Rothen et Giuly. « Le match contre la Colombie sera peut-être déterminant afin de bâtir l’équipe pour la suite du tournoi », continue le sélectionneur qui devrait faire débuter sa « meilleure » équipe en 4-4-2, notamment en défense avec Thuram, Gallas, Desailly et Lizarazu devant Barthez.
Au milieu, la petite surprise pourrait être une titularisation de Pires en récupérateur au côté de Pedretti plutôt que sur son côté gauche, laissant alors le soin à Wiltord, à droite, et à Kapo ou Rothen, à gauche, d’alimenter le duo d’attaque Cissé-Henry. « On revient toujours, en début de compétition, sur l’aspect athlétique. Contre la Colombie, on sait qu’on va être secoué », ajoute Santini qui, par la faute d’un premier tour ramassé (3 matches en 5 jours) devra, quoi qu’il arrive, faire tourner son effectif lors des deux prochains matches (Japon puis Nouvelle-Zélande). « Le staff médical, qui découvre de nouveaux joueurs, est à la recherche du temps de jeu idéal en raison de la fréquence des matches », note-t-il. « Le deuxième match est toujours le plus difficile », explique le sélectionneur. Le meilleur antidote à la fatigue serait donc de s’imposer face à la Colombie afin d’aborder, sans pression excessive, la confrontation face aux Japonais et de permettre aux plus jeunes de prendre le relais.

