Né à Bruges en Belgique, d’un père basketteur américain et d’une mère mannequin néerlandaise, Parker aurait pu n’être jamais français. Ce n’est d’ailleurs qu’à l’âge de 15 ans qu’il a pris cette nationalité, ses parents, aujourd’hui séparés, s’étant installés en France quand Tony, le premier de leurs trois fils, n’avait que quelques mois.
Comme tous les petits Français de son âge, dans la France de l’Olympique de Marseille et de Jean-Pierre Papin, l’aîné des frères Parker tâte du ballon de foot en position d’avant-centre, poste où, paraît-il, il « plante » pas mal de buts.
Mais avec un papa basketteur et des frères avec qui s’amuser, c’est très vite la balle orange qui l’emporte. Son talent crève les yeux : c’est un surdoué. À tel point qu’il est admis, à l’âge très tendre de 15 ans, à l’INSEP (l’Institut national des sports et d’éducation physique), près de Paris.
Vitesse-éclair
C’est donc là, dans le bois de Vincennes, qu’il travaille inlassablement ses fondamentaux et stupéfie son entourage par la vitesse de son premier pas, « sans doute le 2e plus rapide de la NBA, derrière Allen Iverson », estime aujourd’hui l’hebdo américain Sports Illustrated. De l’INSEP, il passe directement à la Pro A française sous les couleurs du Paris Saint-Germain, qui deviendra le Paris Basket Racing. Ces débuts si précoces chez les pros vont l’aguerrir mais également le frustrer car, à Paris comme en équipe de France, il est en concurrence avec Laurent Sciarra.
Sa réputation franchit néanmoins les frontières quand il remporte avec l’équipe de France juniors le championnat d’Europe 2000 en Croatie. Il est dès lors courtisé par certaines des universités les plus prestigieuses des États-Unis et manque de franchir le pas. Mais son Amérique à lui, c’est la NBA. Sélectionné in extremis au 1er tour de la draft 2001, en 28e position (sur 29) par les San Antonio Spurs, il doit d’abord séduire l’entraîneur Gregg Popovich, sorte de Père Fouettard un peu borné qui ne veut pas entendre parler d’un meneur de jeu de 19 ans, a fortiori formé en Europe. La suite de l’histoire est plus connue : titularisé dès le 5e match officiel de la saison 2001-2002, « Tipi » ne quittera plus le cinq de départ des Spurs. Il leur permettra, en saison régulière, d’arracher le titre de la division Midwest en 2002 et le meilleur bilan de toute la NBA en 2003. Mais c’est en phase finale, là où il faut du cœur, que Parker assoit sa réputation dominant des spécialistes aussi réputés que Gary Payton (Seattle), Derek Fisher (Los Angeles Lakers) ou Steve Nash (Dallas) avant de devenir le 1er français qualifié pour une finale. Qu’il vient de remporter. Comme dans un rêve.

