– The Secretary, de Steven Shainberg, avec James Spader et Maggie Gyllenhall.
– Agent Cody Benks, de Harald Zwart, avec Frankie Muniz et Hilary Duff.
Plus de nouveaux films que prévu, finalement, cette semaine. Sortie de «Anger Management» (de Peter Segal), qui avait été retardé, et de «Wakin’up in Reno» (de Jordan Brady), qui a été avancé. Plus un film français en forme de comédie («diététique»): «J’ai faim!!», de Florence Quentin. Enfin, Dyma Demirdjian revient sur le film de David Twohy, «Below», en projection depuis la semaine dernière. Si la quantité amorce une progression, la qualité par contre...
Délire «made in Hollywood»
Anger Management,
de Peter Segal
Pour vous donner une idée du niveau de la comédie de Peter Segal, un rapprochement suffira: les deux Analyze (This and That), où sévissaient Robert DeNiro et Billy Crystal, étaient des modèles de retenue et de sophistication. La comparaison est d’autant plus justifiée que, dans les deux cas, les «psycho-thérapeutes» sont en scène (il n’y a pas que les avocats à faire beaucoup d’argent, par les temps qui courent, aux États-Unis!). À noter ici que Anger Management est devenu en France Self-Control: no comment!
Dave (Adam Sandler), l’air d’un brave gars quelconque, prend l’avion. À bord, il s’irrite du retard d’une hôtesse à répondre à son appel, sans vraiment s’emporter. Il est poursuivi en justice pour «harassement» (!). Et condamné à suivre un programme de contrôle psycho, sous la supervision – de plus en plus rapprochée – du docteur-spécialiste Buddy Rydell (Jack Nicholson). Comme on pouvait s’y attendre, le remède (excessif) va s’avérer pire que le mal (tout relatif). Et, autre prévision hélas vérifiée, le psycho, en plus mauvais état que son patient, va jouer le coup de la provocation incessante pour aggraver la condition de l’infortuné Dave. Étant bien entendu que les nerfs des spectateurs sont également soumis à rude épreuve.
Paradoxe qui ne suffit pas pour soutenir le scénario du film, Adam Sandler, acteur comique paraît-il très coté en Amérique, cabotine moins que Jack Nicholson, ici outrageusement déchaîné. Provocation délibérée (encore!)? Plaisir sadique d’en remettre pour réduire son rôle au néant d’une prestation commerciale? Car c’est évidemment la loi du box-office qui a suscité le «concept» du tandem Sandler-Nicholson. Résumé de l’opération: «Vol au-dessus d’un nid de psychos»...
Circuit EMPIRE-ESPACE
Wakin’up in Reno
de Jordan Brady
Reno (Nevada, USA), qui se voulut la rivale de Las Vegas, avait aussi la réputation d’être la «capitale» du divorce aux États-Unis (formalités expédiées en quatrième vitesse). On ignore si c’est toujours le cas: les deux couples de cette piètre comédie se contentent de venir y perdre leurs illusions.
On peut approcher Wakin’up in Reno de deux manières différentes (à peine complémentaires): soit y voir le portrait «en creux» – ou à vide! – d’une certaine Amérique terrifiante de médiocrité (personnages insignifiants s’agitant dans des situations sans intérêt); un constat encore plus cruel s’il n’est pas délibéré. Soit ne suivre qu’une intrigue filmée à la diable et jouée idem: dommage, d’ailleurs, les interprètes ont pour noms Billy Bob Thornton, Charlize Theron, Patrick Swayze et Natasha Richardson. En se demandant comment la Miramax peut fabriquer ce genre de produit... Visiblement sponsorisé par une publicité automobile voyante! Nouveau résumé parallèle: «Vol au-dessus d’un nid de cocus»...
CONCORDE, ABRAJ, ZOUK
Mystères en eaux profondes
Below,
de David Twohy
Après Ghost Ship (sorti dans nos salles en mai 2003), nous voilà embarqués de nouveau dans une histoire qui mêle le supernaturel à l’action. Le héros de Below: l’USS Tiger Shark, un sous-marin américain de la Deuxième Guerre mondiale. Son équipage doit faire face à deux attaques, celle de la flotte allemande et celle d’une force plus effrayante qui prend la forme d’une malédiction, d’un phénomène supernaturel et d’une hallucination.
Avant de rentrer dans l’univers de Below, prenez une bonne bouffée d’oxygène, fixez une dernière fois le ciel et ses jeux de lumière, car durant 1h45, vous habiterez à «20 mille lieues sous la mer». Tout a été mis en œuvre afin de refléter le monde obscur, terrifiant et oppressant des profondeurs. Les plans, extrêmement saccadés, enferment chaque personnage dans le cadre très étroit de la caméra. Cette dernière se plaît à nous perdre et à nous lâcher dans les coins et recoins du «labyrinthe-maritime». Même sortis du navire (pour une quelconque réparation technique), ses hommes se voient encerclés par une horde de gigantesques raies. Aucune échappatoire n’est possible.
Si l’architecture tortueuse du Tiger Shark, ainsi que le monde mystérieux de l’Atlantique amplifient le caractère stressant et menaçant du film, il en va de même pour le son et la lumière, très judicieusement utilisés. Certes, le réalisateur a su créer une certaine ambiance, mais lorsqu’il s’agit d’une ambiance claustrophobe, il est important de soulager les spectateurs en leur donnant une histoire envoûtante et des personnages intéressants. Nous touchons là aux problèmes du film: l’action est redondante, et la psychologie des personnages pas assez développée pour donner une dimension supplémentaire au film, outre celle, lassante et fatigante, de l’enfermement. D’où le risque de l’ennui.
CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ
Pas vu
J’ai faim!!!,
de Florence Quentin
On doute que les Libanaises se dérangent – même en nombre restreint – pour aller voir une «comédie diététique» intitulée Jai faim!!! Comme on pouvait le prévoir, le scénario du film de Florence Quentin est axé sur l’obsession de la minceur à (re)gagner à tout prix. Donc du poids (éventuellement) à perdre, ce qui revient au même. Extraite du dossier de presse, citons la réponse du docteur-spécialiste à une consultante anxieuse: «Ma méthode est radicale... Vous allez me supprimez tout: vous ne mangerez plus rien!». Suivent les semaines bouillon-carotte-concombre-yaourt, etc. S’agissant de cinéma, on n’a pas osé ajouter le navet: prudence oblige. Catherine Jacob et Michèle Laroque assurent le menu, avec l’assistance de Stéphane Audran (en congé de la cuisine «bourgeoise» de Claude Chabrol) et Julien Guiomar. Bon appétit... à tout hasard!
KASLIK, EMPIRE/SODECO, FREEWAY
Ciné-clubs
• Ciné-club de l’École
supérieure des affaires
Suite et fin du cycle «Aperçu iranien»: Le vent nous emportera, un film de Abbas Kiarostami (1999), avec Behzad Dourani et les habitants du village de Siah Dareh (durée: 1h58). Dans ce film – un des plus récents de Kiarostami – on assiste d’abord à l’arrivée d’un groupe de citadins dans un village du Kurdistan (iranien). L’un des «étrangers», vite surnommé «l’ingénieur», semble un personnage important. Mais investi de quelle mission précise? On ne le saura jamais: le film procède par énigmes, ce qui répond à la définition de son cinéma, «inachevé» selon le cinéaste lui-même. D’où un sentiment de frustration chez le spectateur. Par ailleurs, le film aurait gagné à être plus concis: comme Le goût de la cerise (97) en avait déjà témoigné, le moyen-métrage (entre 60/75 minutes) servirait mieux le cinéma (certes très personnel et intéressant) du plus marquant des metteurs en scène iraniens.
ESA, rue Clemenceau, mardi 17, à 20h30
LIVRES ET REVUES
Relevé, dans Le monde des livres, quelques parutions récentes d’ouvrages variés intéressant le cinéma. Entre autres:
l François Truffaut, par Laurence Alfonsi (Éd. Séguier). Le cinéaste, qualifié par le New York Times de «révolutionnaire qui travaillait de manière conventionnelle pour faire des films non conventionnels», eut souvent des ennuis du côté de Moscou et des pays alors dans l’orbite soviétique. On parla à l’Est du «naturalisme mesquin» (!) de Jules et Jim, et de «perversions capitalistes» (sic) à propos de La femme d’à côté. Mais là-bas aussi, depuis, le temps a fait son œuvre...
l L’acteur Michael Lonsdale, qui joua dans les Baisers volés de Truffaut (68) et travailla avec Orson Welles, vient de publier, sous le titre Visites (Éd. Pauvert), un livre très personnel. Rappelons ici que, fait rare dans ce milieu, Lonsdale affirme une foi religieuse profonde.
l Dans Une vie d’Art et d’Essai (Éd. La Dispute), Florence Delporte retrace l’histoire de Roger Diamantis, créateur et patron d’une des salles d’Art et d’Essai les plus renommées de Paris, le Saint-André-des-Arts. Retenez bien le nom de ce cinéma, où la programmation est toujours de qualité: il arrive même que M. Diamantis vienne parler du film avec le public...
l Aux Éditions Cahiers du cinéma, Thierry Jousse, qui fut rédacteur en chef des Cahiers de 89 à 98, publie (avec une préface signée Olivier Assayas) Pendant les travaux, le cinéma reste ouvert. Ce livre se veut «une réflexion sur l’évolution du septième art et des représentations à l’ère des nouvelles technologies».
l Contre la télévision (Éd. «Les solitaires intempestifs» – Besançon), de Pier-Paolo Pasolini, un pamphlet d’une extrême virulence contre «cette machine de vulgarité, de mesquinerie et de nivellement par le bas». Publié avec retard, mais tellement révélateur.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026