« Nous faisons actuellement un immense effort pour que l’Acropole, le site le plus visité de Grèce qui domine le centre d’Athènes, soit la plus belle possible pour les Jeux, mais je ne peux pas garantir quel sera le résultat, les délais sont très serrés », a déclaré hier à l’AFP Maria Ioannidou, directrice du service de restauration des monuments de l’Acropole.
Concluant un immense chantier de restauration ouvert en 1975, les interventions actuelles portent sur le temple d’Athéna Niké, qui doit être totalement reconstruit après avoir été démonté, le Parthénon, où une grande grue attend de remettre en place huit colonnes démontées de la face nord et les Propylées, où une partie de l’antique toiture à caissons en marbre doit être reconstituée.
En octobre dernier, le ministre de la Culture, Evangelos Venizelos, avait assuré que les téléspectateurs du monde entier verraient l’Acropole « sous sa plus belle parure » lors des Jeux, avec « un niveau d’avancement des travaux tel que la présentation des monuments sera au meilleur niveau possible ».
Mais sur tous les projets, visant pour la plupart à réparer les dommages infligés aux marbres par l’oxydation de parties métalliques placées lors des restaurations d’avant-guerre, « nous avons pris du retard car des problèmes non prévisibles ont surgi », a indiqué Mme Ioannidou.
Pour les siècles prochains
Sur les Propylées, l’entrée monumentale du rocher sacré, il a ainsi fallu démonter 191 pièces, soit 100 de plus que programmé. Les huit colonnes de la face nord du Parthénon se sont aussi révélées beaucoup plus abîmées que prévu et toutes n’auront peut-être pas retrouvé leur place en 2004.
Quant au remontage du petit temple d’Athéna Niké, dont les 300 pièces gisent actuellement au sol, il ne devrait commencer qu’en septembre, au lieu de janvier dernier, a précisé à l’AFP le responsable du programme, Dominique Giraud. « Nous avons passé un temps fou à nettoyer les marbres d’ajouts en ciment dont nous ne soupçonnions pas l’existence », a-t-il expliqué. Pour que la place du temple, en retrait de l’entrée du site, ne reste pas vide pour le rendez-vous olympique, les équipes ont été doublées, les congés suspendus et les heures supplémentaires multipliées. M. Giraud se veut du coup rassurant : « Au moins une grande partie du monument sera prête, quant aux échafaudages, si nécessaire, nous les démonterons provisoirement », affirme-t-il.
« C’est une éventualité, mais après tout, nous n’avons pas à avoir honte des échafaudages et des grues, qui attestent de l’immense travail, salué internationalement, que nous menons pour sauver les monuments », a toutefois souligné Mme Ioannidou.
« De toute manière, notre priorité n’est pas l’échéance des Jeux, qui n’est jamais qu’un rendez-vous de circonstance, mais la qualité du travail sur le long terme, et là dessus, nous avons le plein soutien du ministère de la Culture », a-t-elle ajouté. « Je travaille pour les 2 500 années à venir, alors les Jeux, c’est un peu éphémère, et j’en ai un peu assez de voir cet argument sans cesse brandi, a renchéri M. Giraud. Après tout, le projet pour l’Athéna Niké était prêt depuis 1992, il n’y avait qu’à le commencer plus tôt ».


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