L’avion du pape, qui résidait au grand séminaire de Rijeka (nord-ouest) pendant tout son séjour, s’est posé à 10h28 à l’aéroport de Zadar, tandis que les cloches des églises de la ville sonnaient.
Devant environ 110 000 personnes (chiffre de la police) rassemblées sous un soleil de plomb sur le Forum, la place centrale faisant face à la mer, le pape a dit une prière consacrée à Marie et à son rôle de mère.
Des milliers de fanions proclamant « viva papa » étaient agités par la foule dont l’enthousiasme a culminé lorsque le pape, s’exprimant toujours dans leur langue, a remercié les Croates de leur accueil, évoquant une nouvelle fois la guerre serbo-croate de 1991-95.
« Je me souviens de vos souffrances causées par la guerre et qui se lisent toujours sur vos visages, et je me sens très proche de tous ceux qui sont touchés par la guerre », a dit Jean-Paul II, remerciant particulièrement la jeunesse croate, comme il l’avait fait la veille à Rijeka. De l’ancienne Fiume, le pape s’est rendu chaque jour dans une région de Croatie qui panse toujours ses blessures de guerre, Dubrovnik (sud-est), Osijek et Djakovo (est), et Zadar.
Geste délibéré ou omission, la ville de Zadar a installé à l’entrée dans l’enceinte de Zadar une banderole de bienvenue au pape sous une affiche géante d’Ante Gotovina, un général croate recherché pour crimes de guerre par le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. « Ante Gotovina – un héros et non un criminel de guerre », proclame l’affiche qui se trouve sur le parcours emprunté par le pape. « J’ai remercié le pape pour avoir parlé en faveur de l’entrée de la Croatie dans l’UE », a déclaré dimanche soir le Premier ministre croate Ivica Racan, après avoir été reçu en audience privée par Jean-Paul II.


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