« Nous avons fait le point de la situation par rapport au consensus international sur le blanchiment d’argent et au financement du terrorisme », a dit M. Trichet qui s’adressait à la presse avec Mohammed Daouas, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
« Cela fait partie des sujets d’échanges traditionnels » au sein du groupe ayant rassemblé à Tunis 18 gouverneurs représentant 30 pays francophones (France, pays africains, Canada, Luxembourg, Belgique, Suisse, Liban et île Maurice).
M. Charles Konanbanny, gouverneur de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (Dakar), a précisé qu’il a été procédé à « un état des lieux pour constater certaines disparités dans la réglementation, voire, dans certains cas, l’absense de réglementation sur la lutte contre le blanchiment ou le financement du terrorisme ». Il a précisé que la mise au point de règlements communautaires était en cours pour les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ajoutant que « le vide juridique va être comblé de manière à concrétiser le consensus international » sur l’argent sale et le financement du terrorisme.
La réunion tenue vendredi à huis clos au siège de la Banque centrale de Tunisie (BCT) avait pour thème : « Politique monétaire et marchés d’actifs », a rappelé M. Daouas. Elle a été l’occasion d’un échange « amical et efficace » sur la conduite des politiques monétaires et la supervision des systèmes bancaires dans la zone francophone.
M. Trichet a souligné l’intérêt du conclave francophone comme un cadre « permettant de prendre la mesure des problèmes qui se posent dans un monde de défis pour la stabilité monétaire ».
Il a salué « la capacité remarquable » de la Tunisie en matière de mobilisation de l’épargne nationale au profit de l’investissement, le défi pour les pays émergents étant d’être à la fois capables de mobiliser leur propre épargne et d’attirer des investissements étrangers.
Interrogé sur « la guerre des taux de changes » entre l’Europe et les États-Unis, M. Trichet s’est borné à dire : « Il n’y aucune espèce de guerre. »
Au sujet de la baisse des taux décidée par la Banque centrale européenne (BCE), la plus importance depuis la Seconde Guerre mondiale, il a estimé qu’elle était porteuse d’un « triple message de confiance ».
« Aux consommateurs, nous disons consommez sans crainte, vous conservez votre pouvoir d’achat ; aux épargnants, votre épargne ne sera pas minée par l’inflation et aux entrepreneurs nous disons l’environnement financier est favorable, c’est le moment d’investir », a-t-il ajouté.

