Chaque jour, depuis le début de la compétition, les policiers interpellent entre 25 et 30 revendeurs, explique à l’AFP la commissaire Lasserre, adjointe au commissariat du 16e arrondissement de Paris, le secteur concerné, même si les courts se trouvent à Boulogne.
Dimanche soir, son bilan final devrait dépasser les 200 procès-verbaux, les billets étant saisis, mis sous scellés et leurs numéros, s’ils en ont, transmis à la fédération qui s’efforcera de signaler aux revendeurs qu’ils sont aussi passibles de la loi.
« Il faut faire un grand coup de chapeau à la police », affirme Frédéric Longuépée, le directeur adjoint du tournoi.
Depuis 18 mois, explique-t-il, « la nouvelle direction mise en place par la Fédération française de tennis (FFT) a pris le problème à bras-le-corps ». La vente des billets représente 17 millions d’euros pour un tournoi, dont le chiffre d’affaire global est de 101,2 millions d’euros. Sur un peu moins de 400 000 billets vendus, 70 % vont directement aux licenciés par le biais des clubs, 20 % sont retenus par courrier et 10 % sont disponibles chaque matin aux guichets.
Qu’ils viennent en voiture, en vélo ou à pied, les 40 000 personnes qui assistent chaque jour aux matches sont toutes sollicitées pour acheter, ou vendre, des places.
« Cela spolie notre philosophie », explique Philippe Fages, directeur de la communication, pour qui la présence des licenciés de la FFT au tournoi est essentielle. « Nous ne sommes pas des privés », rappelle-t-il, satisfait d’avoir 60 % de pratiquants parmi les spectateurs.
Comme pour un trafic de drogue, les tâches des revendeurs de billets sont bien réparties : un premier s’enquiert des désirs du client et négocie le prix, le répète à un voisin qui sort le billet s’il l’a sur lui ou envoie un coursier, parfois en vélo, le chercher. Dès que l’échange est fait, il s’éloigne donner l’argent à un autre.
Qu’un uniforme apparaisse et ce petit monde s’éparpille. Les billets passent de l’autre côté des grilles du jardin voisin, ou sont jetés dans une voiture qui démarre rapidement. « C’est la mort », dit un revendeur, inquiet de ne pouvoir écouler sa marchandise.
Les défaites d’Amélie Mauresmo et d’Andre Agassi les ont rendus encore plus nerveux.
Les billets de demi-finale se vendront mal avec des joueurs méconnus. Quant à la finale, il ne faut plus rêver aux Américains ou aux Brésiliens qui payaient si bien.
« Les Belges, ça paye ? » se demande-t-il, sans citer le moindre chiffre, faisant allusion à la finale du simple dames qui opposera la Wallone Justine Henin-Hardenne à la Flamande Kim Clijsters.
Du simple au triple pour les quarts ou les demi-finales, à une finale dont le prix peut parfois décupler le montant du billet. Aucun chiffre n’est fixe. Tout dépend de la demande. Quant aux faux billets, une vingtaine ont jusqu’à présent été détectés.

